Pauvreté : répartir le travail, faire payer le capital !

28 Octobre 2020

Samedi 24 octobre, le Premier ministre s’est déplacé dans les locaux d’Emmaüs pour commenter le plan pauvreté du gouvernement. Constatant la hausse de 20 % des dossiers de RSA et de 30 à 40 % des demandes d’aide alimentaire, Castex a parlé d’une pauvreté qui explose et de l’existence de familles ayant parfois du mal à se nourrir. Et de promettre de consacrer 1,1 milliard d’euros à ce problème.

Pour prévenir la bascule dans la pauvreté, le gouvernement promet une prime unique de 150 euros par foyer allocataire du RSA ou de l’ASS, plus 100 euros par enfant d’une famille percevant l’APL, y compris les jeunes, étudiants ou non, vivant seuls. Quelques autres mesures sont également prévues, censées favoriser le retour à l’emploi, dans une économie qui vient d’en supprimer 800 000.

Ce plan est ridicule par rapport aux besoins pressants et il est scandaleux lorsqu’on rapporte son montant à ceux consacrés à sauver les profits des grandes entreprises. La fondation Abbé-Pierre a calculé que 0,8 % des 100 milliards du plan de relance du gouvernement était consacré aux plus vulnérables. Et quelle partie les concerne, parmi les 460 milliards mis en urgence sur la table par le gouvernement depuis le début de l’épidémie, les milliards offerts aux diverses branches industrielles, les lignes de crédit ouvertes aux banques, etc. ? Aucune, évidemment, l’État n’est pas là pour aider les pauvres.

Avec l’aumône vient toujours le commentaire méprisant. Castex a repris les mots de Macron expliquant que, « plus on augmente les minima sociaux, plus on rend difficile le retour à l’activité ». Les centaines de milliers de travailleurs qui ont perdu leur contrat, leur emploi déclaré ou non, leur stage et leurs espoirs, auraient donc été en fait brutalement touchés d’un accès de paresse, qu’il ne faudrait pas encourager par une assiette d’une soupe trop épaisse ? Et Castex de conclure, une fois de plus, que la meilleure façon de ne pas sombrer dans la pauvreté c’est d’avoir un emploi.

Alors que des millions de travailleurs vivent dans l’angoisse de perdre leur gagne-pain, au moment où le grand patronat licencie par dizaines de milliers sous le regard bienveillant du gouvernement, dire aux chômeurs qu’ils n’ont qu’à trouver un emploi est du cynisme pur. Face à cela, les travailleurs n’ont d’autre choix que de lutter pour la répartition du travail entre tous, afin que chacun ait un emploi et un salaire dignes, quitte à prendre sur les fortunes patronales pour payer les salaires. Il le faut pour que la classe travailleuse puisse vivre, et aussi pour empêcher qu’elle se divise entre les exploités au travail et les humiliés au chômage.

Paul GALOIS