Airbus Helicopters Marignane : les travailleurs du nettoyage ont gagné

28 Octobre 2020

Les travailleurs qui assurent le nettoyage sur le site d’Airbus Helicopters à Marignane, dans les Bouches-du-Rhône, ont obtenu des renforts grâce à leur détermination.

Ils sont une soixantaine de l’entreprise Atalian, femmes de ménage et conducteurs d’engins, dont une dizaine à la déchetterie interne, qui nettoient les locaux de l’entreprise. D’année en année, chaque femme de ménage doit nettoyer un vestiaire, un espace de bureau, une nouvelle salle de pause de plus . Les tâches se multiplient, tandis qu’elles sont de moins en moins nombreuses. Il en est de même à la déchetterie. Airbus fait pression sur Atalian pour que l’entreprise baisse ses prix, ce qui se répercute sur les conditions de travail.

Pour limiter les risques de contamination, il a été décidé d’éviter le croisement des équipes, le travail ne durant plus sept heures mais six, payées sept. L’effectif des équipes de nettoyage avait été doublé grâce à des intérimaires, chaque équipe était encadrée par une femme de ménage embauchée.

Progressivement, l’effectif a diminué. Aujourd’hui, les renforts intérimaires ont presque tous été renvoyés au chômage. La direction aurait envisagé de diminuer le temps de travail, avec une perte de salaire pour tous. Les femmes de ménage n’en pouvaient plus, entre la crainte d’être contaminées, la surcharge d’un travail impossible à faire correctement, et l’éventualité d’une baisse du salaire. Elles ont donc décidé d’agir.

Réunies vendredi 16 octobre, elles ont mis noir sur blanc leur colère et tous leurs problèmes, et ont diffusé leur texte dans toute l’usine, bien sûr très tôt le matin. Le tract est apparu dans tous les secteurs de l’usine, parfois affiché sur les machines à café. Touchés par ce qu’elles dénonçaient, les travailleurs d’Airbus, y compris des cadres, en ont discuté et leur ont manifesté leur solidarité. Encouragées, les femmes de ménage et les employés de la déchetterie se sentaient prêts à aller plus loin.

Jeudi 22 octobre, devant la menace d’une grève, la direction d’Atalian annonçait le retour des intérimaires, certains dès le lendemain. Un logiciel opportunément mis à jour débloquait la prime de disponibilité des nettoyeurs qui arrivaient à 4 heures du matin, prime qui n’avait pas été perçue depuis deux mois ; les jours de congés supplémentaires qui étaient dus, et que le logiciel avait oubliés depuis 2019, doivent finalement être réattribués, avec effet rétroactif. La direction a même retrouvé le stock de gants jetables, jusqu’alors introuvable !

La satisfaction est grande pour les nettoyeurs, en particulier les femmes de ménage qui ont animé le mouvement dans tous les secteurs de l’usine, satisfaction partagée par tous les travailleurs d’Airbus.

Correspondant LO