Air France : Covid, une direction irresponsable

28 Octobre 2020

Dans les aéroports, face à la pandémie de Covid, on dispose de tests pour les passagers. Mais il semblerait que, pour les salariés qui y travaillent, obtenir des tests soit une tâche insurmontable.

Ainsi, à en croire la direction d’Air France, la médecine du travail ne peut pas s’en occuper car, se trouvant en activité partielle, elle est débordée, tout comme les assistantes sociales. Mais qui organise – ou plutôt désorganise – leur activité, pourtant indispensable à la santé du personnel ? Poser la question, c’est y répondre : la direction est seule responsable.

Elle l’est de ne pas communiquer au personnel et à ses représentants des statistiques précises sur l’état de la pandémie dans l’entreprise. Il serait illusoire, écrit-elle dans un document sur le sujet, d’espérer un recensement exhaustif des cas d’arrêt maladie par suite de contamination. Cela tombe bien : il n’y en a pas. En tout cas aucun que les travailleurs puissent connaître.

Quand un travailleur est déclaré positif, il le signale bien sûr à son chef, lequel fait remonter l’information à la seule hiérarchie, donc, sauf exception, sans que soient informés les premiers concernés : les camarades de travail du malade. Celui-ci, surtout s’il est asymptomatique, peut continuer à venir travailler. Ainsi, n’étant pas avertis, ceux qui le côtoient ne peuvent pas adopter les mesures de protection renforcées qui s’imposent, ou se signaler comme cas contacts.

Quant aux cas contacts connus, la plupart du temps aucun test ne leur est proposé de façon systématique. La direction les laisse libres d’en faire ou pas. Elle leur conseille juste de prendre leur température, comme si elle ignorait qu’on peut être contagieux sans présenter de symptômes !

Mi-octobre, l’agence Santé publique France notait : « Les clusters en cours d’investigation sont principalement en milieu scolaire et universitaire, dans les Ehpad, les entreprises privées ou publiques, et les établissements de santé », outre les transports en commun bondés. Mais la direction d’Air France n’en tient pas compte. Elle préfère écrire, comme elle vient de le faire : « La transmission (du virus) se fait dans les moments de convivialité, d’où le couvre-feu. » Et comme elle n’ose pas prétendre qu’aller à l’atelier, à l’aérogare, travailler en piste ou dans un hangar avions fait partie des moments de convivialité, cela est censé l’exonérer et des contaminations au travail et du fait qu’elle en cache l’ampleur sous le tapis. Elle se moque ainsi des risques qu’elle fait prendre à celles et ceux qu’elle fait travailler dans de pareilles conditions, ainsi qu’aux membres de leur famille et à leurs proches !

Correspondant LO