Nouveau porte-avions : pour une nouvelle guerre ?

21 Octobre 2020

Une semaine après avoir annoncé une hausse de 1,7 milliard d’euros du budget militaire, le portant à près de 40 milliards d’euros, Florence Parly en remet une couche.

La ministre des Armées, inaugurant le 19 octobre le salon du matériel militaire naval, a annoncé le lancement des études pour le prochain porte-avions. Un rapport sénatorial a évalué le simple coût de ces études à 450 millions d’euros par an pendant dix ans. Cela vient naturellement en supplément du budget déjà prévu. Après il faudra payer pour sa construction, qui se chiffrera en milliards, et son coût de fonctionnement, au moins égal aux deux cents millions annuels engloutis aujourd’hui par le Charles de Gaulle.

En plus des vautours habituels, DCN, Thalès, Dassault et des autres fabricants de technologie de pointe en matière de mort subite, les Chantiers de l’Atlantique attendaient cette annonce avec impatience. L’épidémie de Covid ayant mis l’industrie de la croisière sur le sable, la construction de paquebots géants risque de s’arrêter et les patrons de faire payer cette crise aux travailleurs. Le gouvernement présente la construction du nouveau porte-avions à Saint-Nazaire comme une solution pour les emplois, comme s’il n’y avait rien de mieux à faire que d’engager les travailleurs dans la fabrication d’armement. De plus, l’industrie militaire n’a pas pour objet de sauver des emplois mais, comme la ministre des Armées le déclare avec constance, d’être une béquille pour les profits privés, particulièrement en cas de crise.

Mais elle n’est pas que cela. Les navires de guerre, dont la construction et la vente s’accélèrent, sont faits pour être utilisés. Pour l’instant on en reste au stade des manœuvres pour impressionner l’adversaire : la France envoie ses bateaux en vue des côtes turques, les marines des États-Unis, de l’Inde, du Japon et de l’Australie montrent leurs forces réunies en mer de Chine et tous de dénoncer la montée en puissance de la marine chinoise.

La prétendue bonne nouvelle présentée par Florence Parly est en fait le signe que la catastrophe est toujours possible et, en tout cas, toujours préparée par ceux qui sont aux commandes.

Paul GALOIS