Hôpitaux : les moyens que l’on pourrait trouver

21 Octobre 2020

Dans son interview télévisée du 14 octobre, Macron a maintenu le cap de sa politique d’austérité à l’hôpital. Il faudra se contenter des promesses, non tenues, du Ségur de la Santé et le seul coup de pouce dérisoire annoncé par Castex sera d’avancer l’augmentation de salaire de 93 euros de trois mois.

Par contre, il n’y aura pas de lits supplémentaires en réanimation, car « il n’y a pas de lits cachés ». Le personnel hospitalier devra faire face à la seconde vague épidémique avec encore moins de moyens qu’en mars-avril.

Macron a aussi repris l’argument martelé sur toutes les ondes que, de toute façon, on ne peut pas former en quelques mois un effectif supplémentaire de médecins, infirmiers, aides-soignants et autres. Certes, mais on en est arrivé là du fait des choix des gouvernements, de droite comme de gauche.

Il manque des médecins et, à l’hôpital comme en ville, les déserts médicaux s’étendent, car depuis près de cinquante ans existe le numerus clausus. Il est aujourd’hui question de supprimer ce système, sans réellement modifier la sélection dans les études médicales. Pour le reste du personnel hospitalier, la même politique d’austérité s’applique et est responsable de la pénurie, au point que des lits ne peuvent être utilisés, faute de personnel. Avec la crise du Covid, la situation s’est encore aggravée, car les travailleurs ont quitté l’hôpital par milliers, déçus par les promesses non tenues, une augmentation de salaire loin des 300 euros demandés, les heures supplémentaires non payées et, il fallait oser, la demande qui leur est faite de ne pas prendre leurs congés. Comme le disent bien des hospitaliers, c’est « le retour à l’anormal ».

On ne peut certes pas rattraper en trois mois près de cinquante années de retard mais, au lieu de les justifier et de continuer la même politique, ce gouvernement, qui ne recule pas devant les termes guerriers, pourrait organiser la mobilisation générale des hommes et des moyens. L’urgentiste Patrick Pelloux a rappelé comment le pic de l’épidémie a été affronté en mars-avril avec une aide venue de tout le pays, y compris avec du personnel en retraite reprenant du service, ne comptant pas ses heures et faisant face aux risques du Covid avec bien peu de moyens.

Prendre les mesures nécessaires pour faire face à une seconde vague épidémique que l’on voyait venir est pourtant resté le cadet des soucis du gouvernement, comme s’il ne savait pas ce qu’il faudrait faire pour mobiliser les ressources existant dans le pays. Macron a parlé de « guerre » contre le virus, mais n’a pas envisagé un seul instant de mobiliser les moyens, laissant de nouveau les travailleurs hospitaliers faire face s’ils le peuvent.

C. D.