Guadeloupe : des militants poursuivis

21 Octobre 2020

Notre camarade Jean-Marie Nomertin, porte-parole de l’organisation trotskyste antillaise Combat ouvrier, et secrétaire général de la CGTG, était convoqué à la gendarmerie de Pointe-à-Pitre samedi 17 octobre. Les raisons : « entrave à la circulation et organisation d’une manifestation non autorisée sur la voie publique. »

Le 13 octobre, les travailleurs en grève d’Antilles Sûreté Guadeloupe avaient organisé un barrage routier sur un rond-point de la zone industrielle de Jarry. Ils avaient le soutien du syndicat CGTG, de militants de Combat ouvrier, des jeunes du journal Rebelle. Ils sont en grève depuis le 6 septembre contre un patron voyou qui leur doit de l’argent sur les salaires, les indemnités de congés payés, les primes de sûreté et a fait déclarer l’entreprise en redressement judiciaire.

Cette manifestation, organisée le 13 octobre face au silence et au mépris de la direction, a eu pour effet de contraindre le directeur à réagir et à envisager de négocier. Lors du barrage routier les automobilistes, qui sont pour la plupart des travailleurs de la zone industrielle, se sont montrés patients et compréhensifs pour le mouvement, et pour certains ont témoigné leur solidarité.

La convocation de Jean-Marie Nomertin a été l’occasion d’une mobilisation devant les locaux de la gendarmerie du quartier Miquel à Pointe-à-Pitre. Un meeting permanent s’est tenu de 8 h 45 à 11 heures devant quatre-vingt personnes environ, les grévistes d’ASG bien sûr, mais aussi des militants de plusieurs organisations syndicales et politiques.

Après quelque deux heures d’audition, Jean-Marie Nomertin est ressorti sous les applaudissements, sans que l’on sache ce que seront les suites. Les radios et les télévisions locales l’ont interviewé, ainsi que Éli Domota pour l’UGTG, relayant largement l’événement.

Lundi 19 octobre, de nouveaux barrages routiers bloquaient cette fois la ville de Basse-Terre, organisés par les travailleurs de l’entreprise Nicollin, qui procède au ramassage des ordures. Ils dénoncent la gestion de leur direction et le non-paiement d’importantes dettes par les collectivités. Les grévistes d’ASG se sont joints au mouvement qui est soutenu par la CGTG.

Marie-Céline Deshauteurs