Aides aux jeunes : grande hésitation, petites sommes

21 Octobre 2020

« C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 », a déclaré Emmanuel Macron dans son interview télévisée mercredi 14 octobre, évoquant les examens annulés, la difficulté pour trouver un premier emploi, et oubliant de citer la politique de son gouvernement !

Alors qu’il était interrogé sur la possibilité d’augmenter les minima sociaux, et d’en faire bénéficier les 18-25 ans, Macron l’a exclu, expliquant avec suffisance : « Plus on augmente les minima sociaux, plus on rend difficile le retour à l’activité. » Macron sous-entend que les responsables du chômage massif ne sont pas les patrons licencieurs, mais les chômeurs eux-mêmes, qui ne chercheraient pas vraiment pas vraiment un emploi.

Macron s’est contenté d’annoncer une aide exceptionnelle de 150 euros, plus 100 euros par enfant à charge, pour les bénéficiaires du RSA ou des APL, précisant que cela concernait largement les jeunes les plus précaires.

Cette aide ponctuelle est loin de ce qui serait nécessaire pour faire face à la montée de la pauvreté parmi les jeunes, et ne peut évidemment pas remplacer un emploi. Mais, en plus, l’annonce de Macron a été démentie dès le lendemain par Matignon, qui a précisé que seuls les bénéficiaires du RSA ou de l’ASS (l’allocation destinée aux chômeurs en fin de droits) toucheraient les 150 euros. Or les jeunes de 18 à 25 ans n’ont justement pas droit à ces allocations. Les bénéficiaires de l’APL, beaucoup de jeunes en situation précaire, n’auraient droit qu’aux 100 euros par enfant à charge. La plupart des jeunes de 18 à 25 ans n’ayant pas encore d’enfants, ils ne sont donc pas concernés.

Le Premier ministre Jean Castex a fini par revenir en arrière et a annoncé le 18 octobre que l’aide ponctuelle de 150 euros serait étendue aux 400 000 jeunes touchant les APL et aux étudiants boursiers. Beaucoup de tergiversations pour une si petite aide ! Lorsqu’il s’agit de donner des centaines de milliards au grand patronat, le gouvernement ne s’embarrasse pas de tant de détails.

Hélène COMTE