Aide climatique : l’hypocrisie des grandes puissances

21 Octobre 2020

Dans un rapport, l’ONG Oxfam a fait le point sur les engagements des pays riches à aider les pays pauvres pour faire face au réchauffement climatique.

Les États développés ont admis en 2009 leur responsabilité historique dans le réchauffement climatique sans en être les principales victimes. Ils se sont engagés à verser 100 milliards par an depuis 2009 pour le financement de projets réduisant les émissions de gaz à effet de serre ou n’en émettant pas. Mais, dans les faits, un tiers seulement des sommes annoncées ont été versées. Et lorsqu’elles l’ont été, il ne s’agit pas de subventions mais pour 80 % de prêts, dont une proportion toujours plus importante sont faits à des taux supérieurs à ceux du marché. En 2017-2018, c’est le cas de 40 % de l’ensemble des financements. La France est particulièrement concernée : ses dons ne représentent que 3,3 % de sa contribution..

De plus, il n’y a aucune transparence sur l’utilisation de ces sommes, quelle que soit leur forme. Le rapport relève le cas du Japon, qui a financé la construction d’une centrale à charbon au Bangladesh au titre de la lutte contre le réchauffement climatique. Il n’y a aucune indication sur les entreprises qui ont été maîtres d’œuvre de ces projets. Le plus souvent, les entreprises spécialisées dans la construction des infrastructures prévues sont des sociétés à capitaux occidentaux, qui profitent de retombées non négligeables.

Sous prétexte d’aide, les pays riches ponctionnent encore les pays pauvres, dont ils accroissent l’endettement et financent leurs propres capitalistes. L’adage, charité bien ordonnée commence par soi-même, est bien appliqué.

Inès Rabah