Prix Nobel : la faim et les affameurs

14 Octobre 2020

Le prix Nobel de la paix a été attribué cette année au Programme alimentaire mondial (PAM), un organisme dépendant des Nation Unies.

Le comité Nobel a félicité le PAM qui, devant l’explosion de la pauvreté et de la famine, a été capable de multiplier ses activités.

En 2019 le PAM aurait ainsi distribué 15 milliards de rations à 97 millions de personnes dans 88 pays.

La bonne société en smoking et robe de soirée, vivant de ses rentes sans avoir jamais su d’où elles lui tombent, se désole de la faim dans le monde, se félicite de l’existence du PAM, se réjouit de sa propre bonne conscience. Son maître en générosité, Bill Gates lui-même, subventionne une fondation qui a calculé que, en doublant leurs dons, les États et les philanthropes pourraient éradiquer la faim dans le monde d’ici 2035.

Mais le nombre de personnes secourues par le PAM, 97 millions, est à comparer aux 800 millions souffrant de la faim, calculés par sa maison-mère l’ONU, chiffre en augmentation depuis 2015. Ladite maison-mère, caverne de brigands suivant les mots de Lénine, couvre et absout, quand elle ne les organise pas, les guerres par lesquelles l’impérialisme dévaste la planète et qui sont parmi les premières causes de famine. Il faut doubler les dons en passant de 12 à 26 milliards annuels disent les émules de Bill Gates. Mais sa fortune personnelle atteint 120 milliards de dollars et les 26 plus grandes fortunes de la planète possèdent à elles seules autant que la moitié la plus pauvre de l’humanité.

Il faudra contraindre, par tous les moyens nécessaires, ces puissants à rendre ce qu’ils ont volé. Mais il faudra aussi et surtout construire un monde où le travail de l’humanité ne se transforme pas en fortune indécente pour quelques-uns.

Paul GALOIS