Médecins et infirmières scolaires : dangereuse pénurie

14 Octobre 2020

Alors que la circulation du virus entraîne une augmentation des cas positifs dans les établissements scolaires et universitaires – 35,3 % des clusters s’y trouveraient – le manque de médecins, d’infirmiers et d’infirmières scolaires rend encore plus difficile le suivi de la santé des élèves.

Il y a moins de 800 médecins scolaires pour 12,5 millions d’élèves, selon un des syndicats de médecins scolaires, le SNMSU. Les infirmières et infirmiers scolaires sont 7 700 pour 62 000 établissements. Cela veut dire que des lycées ou collèges qui scolarisent pourtant parfois 1 000 ou 2 000 élèves n’ont pas d’infirmier à temps plein, voire pas du tout.

« Les élèves suspects ou cas confirmés de Covid-19 sont légion, la gestion des enquêtes cas contacts avec transmission des informations aux ARS est très chronophage », soulignait, dans un communiqué daté du 16 septembre, le syndicat national des médecins scolaires, ajoutant que « dans les départements très déficitaires en médecins et à forte circulation virale, les médecins de l’éducation nationale déjà surchargés n’arrivent plus eux non plus à répondre à la demande. »

« On est à pied d’œuvre et qu’est-ce qu’on fait à part gérer l’urgence du Covid ? Eh bien… plus rien ! », témoignait un médecin scolaire. En effet, la prise en charge de tout ce qui a trait à l’épidémie prend le pas sur le reste, au détriment des maladies dont souffrent nombre de jeunes. Or, dans les cités et quartiers populaires, c’est souvent l’infirmier ou l’infirmière qui sonne l’alerte sur des problèmes de santé, les familles n’ayant pas recours systématiquement au médecin généraliste.

Mais pour le ministre de l’Éducation nationale, comme pour l’ensemble du gouvernement, essentiellement occupé à soigner les profits des grands groupes capitalistes, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Aline RETESSE