Convention citoyenne : détricotage en règle

14 Octobre 2020

Après diverses déclarations de Macron ou de ses ministres, ainsi que les reculs du gouvernement et des députés sur des propositions faites lors de la Convention citoyenne sur le climat, ses membres ont envoyé une lettre de protestation au président, lui demandant de « réaffirmer [son] engagement formel et public en faveur de l’examen sans filtre de [leurs] propositions. »

Si les ministres écologistes sont pour la plupart prêts à avaler bien des couleuvres avant que leur digestion devienne impossible, il n’en va pas de même pour les membres de la Convention pour qui trop, c’est trop. Ainsi qu’ils ont tenu à le rappeler à Macron, ils ont payé de leur personne et de leur temps pour organiser ou participer à maintes réunions sur tout le territoire, avant de rédiger un texte de synthèse. Alors, le détricotage de leur rapport point par point ne passe pas, et à juste titre. Le soutien affiché du gouvernement au transport aérien et à la voiture, le déploiement de la 5G pour lequel ils avaient demandé un moratoire et surtout, venant à la suite d’une dizaine de renoncements, l’autorisation donnée aux betteraviers par les députés d’utiliser les néonicotinoïdes, cette classe d’insecticides tueurs d’abeilles, ne passe pas auprès des 150 citoyens. Il devient évident, même pour des gens sans a priori négatif, que ce gouvernement fait bien peu de cas de la transition écologique qu’il déclare pourtant appeler de ses vœux.

Macron a justifié ses changements de politique par le fait qu’il faut auparavant « réconcilier les concitoyens » hostiles aux « changements profonds » (comme les Amish vivant comme il y a trois siècles auxquels il avait comparé ces mêmes concitoyens !) et que certaines des mesures proposées par la Convention sur le climat demandent « des ajustements ». En d’autres termes, il faut vider les articles du rapport de tout contenu susceptible de contrarier les gros industriels et autres pollueurs qui entendent continuer comme par le passé, et en présenter une version soft aussi creuse que les discours de Macron et sa clique.

Marianne LAMIRAL