“Séparatisme” : contre la démagogie de Macron, une seule classe ouvrière

07 Octobre 2020

Le discours de Macron du 2 octobre aux Mureaux est une étape de la campagne ouverte depuis des mois par le gouvernement qui, sous prétexte de combattre l’islamisme radical, stigmatise les musulmans. L’opération est loin d’être terminée, puisqu’une loi devrait être présentée en Conseil des ministres le 9 décembre.

Macron a certes proclamé son refus de stigmatiser tous les musulmans, annonçant que son projet visait à « renforcer la laïcité » et « à consolider les principes républicains. » Mais, très vite, son discours s’est passé de nuances et c’est l’islam qui était visé. La mesure présentée comme la plus importante concerne la scolarisation, qui deviendrait obligatoire dès l’âge de 3 ans. Elle serait destinée, d’après Macron, à empêcher la mise en place d’écoles islamistes illégales. En réalité, sur une estimation de 50 000 enfants qui recevraient un enseignement hors des écoles, la majorité sont des enfants malades.

Pour aller chasser sur le terrain électoral de la droite et de l’extrême droite, Macron utilise la même démagogie mensongère, reprenant même son vocabulaire, qui lui a inspiré le terme de séparatisme. Impuissant face à la montée du chômage et de la misère, Macron se moque des difficultés dans lesquelles se débattent les travailleurs et les familles, lui dont la politique est toute au service des riches. En revanche, alors que le chômage et la misère explosent, ce serviteur de la bourgeoisie est dans son rôle quand il appuie sur les ressorts permettant de diviser les travailleurs, en insinuant que la fraction présentée comme musulmane de la classe ouvrière serait travaillée par des aspirations au « séparatisme » pour des motifs religieux.

Bien sûr, dans les quartiers de certaines villes, des militants de l’islam politique agissent pour imposer leur emprise morale, parfois matérielle, sur les habitants, en particulier ceux de culture musulmane. Tout autant que Macron, ils visent à diviser les travailleurs. Mais, pour contrecarrer leur influence, la seule perspective est que l’ensemble de la classe ouvrière, toutes origines confondues et quelles que soient la nationalité ou la religion, retrouve la perspective des luttes sociales contre Macron, et plus généralement contre le système capitaliste.

Boris SAVIN