Prime aux aidants : les miettes du gouvernement

07 Octobre 2020

Au 1er octobre, les personnes qui aident un proche ou un parent souffrant vont bénéficier d’une indemnisation. Ces aidants, comme on les appelle, sont tous ceux qui viennent en aide à un proche handicapé, âgé ou malade, incapable de vivre seul et de se débrouiller sans aide.

Ce sont bien souvent des membres de la famille, mais aussi des amis. Tous suppléent au manque de personnel pouvant prendre en charge ces malades.

Actuellement, dans le pays, 8,3 millions de personnes se dévouent ainsi au quotidien et, avec le vieillissement de la population, ils seront encore plus nombreux : on parle d’un actif sur quatre en 2030. Parmi ces aidants, environ la moitié sont salariés. Depuis 2016, ils avaient droit à un congé de trois mois renouvelable jusqu’à un an au cours de leur carrière. Mais c’était un congé sans solde qui, à partir du 1er octobre 2020, sera donc rémunéré par la CAF ou la MSA (Mutualité sociale agricole). Un aidant vivant en couple touchera 43,52 euros par jour, un célibataire 52 euros.

Les associations d’aidants se félicitent de cette décision, tout en en soulignant les limites. C’est effectivement une goutte d’eau dans la mer, l’enveloppe totale pour une année se montant à 100 millions d’euros. L’indemnisation ne rémunère que soixante-six jours dans l’ensemble de la carrière d’un aidant, même pas l’intégralité de l’année de « congés de proche aidant ».

Buzyn l’ancienne ministre de la Santé, à l’origine de cette loi, s’était dite très fière. Mais il n’y a vraiment pas de quoi, car ce n’est pas 100 millions qu’il faudrait consacrer à aider les malades et les anciens au quotidien, mais bien plus. Et les milliards versés aux patrons par Macron sont autant de moins pour permettre aux personnes âgées, aux handicapés, de continuer à vivre chez eux. Un choix dont il n’a pas à être fier.

Cédric DUVAL