Monarchie saoudienne : intégristes mais bons clients

07 Octobre 2020

La semaine précédant le discours présidentiel consacré à la lutte contre l’islamisme radical, la France livrait à l’Arabie saoudite deux nouveaux bâtiments militaires.

Ces deux bateaux font partie d’une commande de 39 intercepteurs, des navires de 32 mètres pouvant filer 45 nœuds, pour une valeur totale de 600 millions d’euros. Ils iront compléter la panoplie guerrière, les avions Rafale entre autres, achetée aux industriels français par l’Arabie saoudite.

Si Macron prétend combattre l’islamisme radical, il s’en accommode fort bien lorsqu’il a un portefeuille bien garni, comme en Arabie saoudite. Il n’est pas le seul. L’avionneur Dassault, qui fabrique les Rafale, est aussi propriétaire du Figaro. Le capitaliste Iskander, fabricant des intercepteurs, possède Valeurs actuelles. Ces deux organes de presse, qui rivalisent de diatribes islamophobes et posent aux défenseurs intransigeants des valeurs républicaines contre les menaces intégristes, n’ont pas de scrupule lorsque leurs propriétaires fournissent des moyens à la dictature saoudienne.

Non seulement celle-ci fait régner sur son sol une terreur obscurantiste, enferme les femmes, mais elle tient des millions d’ouvriers immigrés sous un talon de fer et ravage le Yémen par les bombardements et le blocus. La monarchie saoudienne subventionne aussi depuis longtemps des milices djihadistes partout dans le monde, en fonction de ses intérêts. En lui fournissant des armes, Dassault, Macron et consorts la renforcent. Débarrassée de son pathos, leur prétendue propagande républicaine se réduit à ce qu’elle est : un discours haineux à l’encontre d’une fraction de la classe ouvrière.

Paul GALOIS