Hôpital Pitié-Salpétrière : l’anormal toujours là

07 Octobre 2020

Le virus du Covid continue de se propager, les arrivées de patients à l’hôpital augmentent. Les connaissances médicales acquises pour soigner les patients du Covid lors de la première vague ne pourront suffire à pallier le manque de moyens pour faire face à la deuxième vague.

L’appel au renfort de personnel de différentes régions ne pourra fonctionner cette fois-ci. Ceux qui s’étaient déplacés ne le feront pas, car tous les hôpitaux du pays manquent de bras. Les départs massifs de personnel s’amplifient et les arrivées ne suffisent pas du tout à combler le manque. Les intérimaires ne peuvent être partout à la fois, si tant est que les directions fassent appel à eux. Les directions des hôpitaux se demandent pourquoi tant de départs et font des réunions pour savoir ce qui ne va pas. Pourtant, lors des nombreuses manifestations du personnel hospitalier l’an dernier, tout avait été évoqué : les plannings qui changent sans arrêt, bouleversant continuellement la vie personnelle, les salaires insuffisants, le non-remplacement des congés maternité, le manque de matériel, le manque de lits, les CDD qui s’enchaînent sans espoir d’embauche, l’absence de prise en charge financière de la formation, etc.

À l’hôpital de la Salpêtrière, qui fait partie de l’AP-HP, des lits restent fermés par manque de personnel, d’autres ferment à cause du départ d’une équipe de nuit. L’accueil des patients Covid est donc très difficile. Certains, arrivés par les Urgences, sont dans une unité d’hospitalisation de courte durée, en attendant une place. Ils sont dans une chambre simple, mais située au milieu de toutes les autres, car il n’y a pas de secteur indépendant et séparé. De même, dans les services, il n’y a pas de personnel dédié aux patients infectés et il n’y a pas assez de personnel pour ouvrir des services spécial Covid.

La direction des hôpitaux demande donc maintenant d’annuler 20 % des hospitalisations. Cela est en cours, alors que le rattrapage des reports de prise en charge de patients de la première vague n’est toujours pas fini. Les médecins dénoncent à juste titre cette situation dangereuse et inadmissible. Des patients atteints de pathologies graves n’ont pas pu être pris en charge en temps voulu, et il faudrait encore maintenant faire des choix entre les urgents, les très urgents et les moyennement urgents ?

La direction veut maintenir tout le monde au travail, et pour cela elle vient de faire passer une note sur la possibilité d’annuler les congés du personnel programmés sur la période des vacances de la Toussaint. Le gouvernement, qui aurait eu des mois pour améliorer la situation dans les hôpitaux, n’a rien fait. Ce n’est pas l’augmentation de 83 euros promise pour mars, qui n’est pas encore acquise pour le personnel, qui change les choses. Il n’y a pas de lits en plus, pas de renforts massifs, pas de semaine sans rupture de stock sur divers matériels. Voilà la réalité à l’heure du retour de la deuxième vague.

Correspondant LO