Convention climat : des promesses aux oubliettes

07 Octobre 2020

Le gouvernement, à commencer par Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, justifie son recul sur ses engagements en faveur de la sauvegarde de la biodiversité.

L’acceptation des néonicotinoïdes répondrait à la nécessité de sauver les entreprises liées à la culture de la betterave, attaquée par des pucerons.

La défense de la planète, la biodiversité, l’écologie sont des thèmes que Macron développe d’autant plus à loisir que les scores des écologistes aux élections grignotent ses propres résultats. Mais il rétropédale à toute vitesse dès que ces bonnes paroles heurtent, ou risquent de heurter les intérêts des gros possédants. Ainsi, dans le cas des néonicotinoïdes, il s’aplatit, avec l’ensemble du gouvernement, devant les betteraviers, qui sont loin d’être tous de pauvres paysans, et devant les industriels qui font leur beurre avec du sucre.

Cet exemple n’est pas isolé. Le 29 juin, Macron avait fait grand bruit autour de la Convention citoyenne pour le climat, promettant solennellement aux 150 citoyens désignés par ses services que 146 de leurs 149 propositions seraient examinées. Trois mois plus tard, huit d’entre elles ont déjà été évacuées par ses ministres, sans qu’il y ait la moindre discussion. Ont disparu la baisse de la TVA sur le prix des billets de train, la fin des liaisons aériennes intérieures pour les trajets de moins de quatre heures, le moratoire sur l’installation de la 5G et l’installation ou l’extension de nouveaux aéroports, l’instauration d’un crime d’écocide pour s’opposer aux « multinationales qui détruisent la planète dans un but mercantile », etc.

Les écologistes sincères, à commencer par ceux de la Convention qui ont travaillé sérieusement sur le sujet, peuvent juger quel cas est fait des souhaits des citoyens qu’ils pensaient représenter. Mais il est vrai que, comme le dit un vieux proverbe, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Marianne LAMIRAL