Marseille : des mesures qui ne passent pas

30 Septembre 2020

La décision du gouvernement de fermer les bars et restaurants à Marseille et Aix-en-Provence a provoqué de vives réactions de la part des commerçants.

Ces mesures sont à l’image de l’attitude à géométrie variable du gouvernement. S’il prend ces mesures qui frappent les petits commerçants, en revanche il est incapable de donner des moyens supplémentaires aux hôpitaux. Le personnel de l’hôpital marseillais de La Timone continue de dénoncer le sous-effectif chronique, sans que le gouvernement y donne une réponse. Dès le début de l’été, des élus locaux l’ont prévenu de la dégradation de la situation sanitaire dans les quartiers populaires de Marseille. Médecins sans frontières avait alors préconisé un parcours de soins consacré aux quartiers Nord. Là encore, rien n’a été fait.

Face à la fronde des commerçants, soutenus par les élus locaux, le gouvernement a reculé. La période de fermeture pourra peut-être être réduite à sept jours, au lieu de quinze, et elle ne concernera que les deux villes, et pas l’ensemble des communes de la métropole Aix-Marseille-Provence.

Castex jure que l’État ne laissera tomber personne et a annoncé de nouvelles aides. Mais ces aides bénéficieront surtout aux plus gros restaurateurs, ceux qui ont des employés et dont l’État s’engage à payer 100 % du salaire net. De même, l’exonération des cotisations sociales bénéficiera surtout aux établissements qui emploient le plus de salariés. Les petits restaurateurs et patrons de bar pourraient perdre une bonne partie de leur chiffre d’affaires du mois et ils ne seront pas compensés de cette perte, malgré l’aide du Fonds de solidarité.

Les plus petits seront aussi les plus touchés. Le gouvernement continue d’arroser la classe capitaliste de centaines de milliards d’argent public, quitte à asphyxier les hôpitaux et à laisser couler ceux que la crise condamne à la faillite ou au chômage.

Covid ou pas, la situation des petits commerçants comme celle des classes populaires continuera de se dégrader tant que le grand capital dictera sa loi. Les petits commerçants n’ont rien non plus à attendre des banques qui, de plus en plus souvent, leur refusent les crédits nécessaires, et il est vain d’espérer que l’aide de l’État les sauvera. C’est du côté des travailleurs qu’ils devront chercher des alliés.

Denis Aler