Lycée Saint-Lambert Paris : trois élèves blessés dans un accident grave

30 Septembre 2020

Vendredi 18 septembre, à Paris 19e, pendant la récréation du matin, le palier métallique d’un escalier extérieur du lycée du bâtiment Saint-Lambert a cédé sous le poids d’un élève.

Celui-ci est tombé de deux mètres sur deux autres élèves. Un élève a eu un bras cassé, un autre le nez, et le troisième un traumatisme crânien.

Cet accident est le dernier d’une longue suite depuis l’occupation de ces nouveaux locaux. Il y a deux ans, le lycée a quitté le 15e arrondissement pour venir s’installer dans ces locaux réhabilités du 19e arrondissement de Paris, alors que le chantier n’était pas terminé. Des centaines de malfaçons étaient visibles à l’œil nu : des câbles électriques à nu, des gaines pendant des plafonds, la cour de récréation aux dalles de bois disjointes, glissantes avec la pluie...

Une semaine après la rentrée, une dalle de faux- plafond est tombée sur la tête d’un élève. Il y a eu plusieurs chutes dans la cour, dont une a valu un arrêt de travail à une enseignante. Un store de 20 kg est tombé de 2,80 mètres à quelques centimètres de la tête d’un élève pendant un cours. La porte vitrée du foyer des élèves, pesant 100 kg, est tombée à sa première ouverture. Le chantier a continué pendant les cours. Un marteau s’est écrasé sur une verrière surplombant un atelier, une pierre de revêtement extérieur s’est décrochée et a failli tomber de huit mètres de haut.

Il y a deux ans, les enseignants s’étaient mis en droit de retrait et le lycée avait dû être fermé pour une remise en sécurité. Mais celle-ci a été faite au rabais et ils ont exercé leur droit de retrait à nouveau un an plus tard. Ils ont rencontré la région, propriétaire des locaux, et le rectorat. Ils ont exigé, avec les élèves, que la cantine, oubliée dans le marché de travaux, soit au plus vite refaite. Vendredi 18 septembre, ils se remettaient en droit de retrait après le dernier accident, preuve s’il en était de la dangerosité qu’ils dénonçaient.

La région et le rectorat ont fait de nouvelles promesses, mais les enseignants ont tenu bon et exigé de ne reprendre les cours qu’à leurs conditions : pas de travail à distance, car il est incompatible avec les moyens matériels de beaucoup d’élèves, et que la région rende des comptes. Les cours seront donc repris en présentiel, dans une partie des locaux dont la sécurité a été vérifiée, selon un emploi du temps allégé certes, mais face aux élèves. La ferme volonté de maintenir une forte pression sur la région est là.

Correspondant LO