Hôpital de la Croix-Rousse – Lyon : le “jour d’après” est pire que le jour d’avant

30 Septembre 2020

En mars, pour accueillir les premiers malades du Covid sans submerger l’hôpital, la direction de l’hôpital de la Croix-Rousse avait fermé de nombreux services dans la précipitation.

En raison du manque de moyens et d’anticipation, les autres patients avaient donc été contraints de remettre à plus tard leurs examens et leurs soins.

Jusqu’à aujourd’hui, bien que le virus n’ait jamais disparu, rien n’a été prévu pour faire face à une deuxième vague de cette épidémie. Au fond, presque rien n’a changé : malgré les primes et les maigres augmentations de salaire cédées par le gouvernement, on ne compte plus les hospitaliers qui démissionnent devant des conditions de travail qui sont encore moins supportables qu’avant.

Cette fois-ci, tous les patients peuvent entrer à l’hôpital. Mais ceux qui sont atteints du Covid et ceux qui viennent pour d’autres raisons se côtoient parfois dans les mêmes services, au risque de contaminer d’autres patients et avec une surcharge de travail pour les soignants laissés sans renfort. Comme il faut rattraper le retard pris pendant le confinement, certaines interventions reportées ne pouvant plus attendre, le personnel doit à la fois supporter les conséquences de la première vague de Covid et faire face à la deuxième, sans compter que la grippe arrive bientôt.

Dans les services de soins, les patients doivent rapidement laisser leur place à ceux qui arrivent. Dans les services de réanimation qui arrivent à saturation, les soignants appelés en renfort doivent se former rapidement et s’adapter aux roulements de 12 heures, de jour comme de nuit. Mais la surcharge de travail concerne tous les travailleurs de l’hôpital : dans les blocs où les opérations s’enchaînent sans relâche, dans les services d’imagerie où les délais d’attente étaient déjà très longs avant le confinement, dans les pharmacies qui doivent gérer les stocks malgré toute cette activité, dans les laboratoires qui doivent traiter les tests Covid, comme pour les brancardiers et les femmes de ménage qui doivent courir partout.

Le gouvernement prétend avoir créé des postes, sur lesquels les hôpitaux ne trouveraient personne à embaucher. Mais le nombre de places n’a pas augmenté dans les écoles d’infirmières, et personne n’a vu arriver de renforts. Le manque de personnel est tel que la direction des Hospices civils de Lyon a demandé aux soignants testés positifs au Covid mais asymptomatiques, de venir travailler. En fait, pour faire face à ce rebond de l’épidémie, c’est d’abord l’hôpital lui-même qu’il faudrait soigner des coupes budgétaires accumulées.

Correspondant LO