Covid-19 : le vrai danger, la société du profit

30 Septembre 2020

L’épidémie de Covid-19 a fait un million de victimes dans le monde. Un haut responsable de L’OMS pronostique qu’elle pourrait en faire deux fois plus « si tout n’est pas fait pour combattre la pandémie ».

Cela sonne comme un avertissement à de nombreux pays, dont la France, où les gouvernements se montrent incapables de contrôler la propagation du virus.

Le président de l’Ordre des médecins prévoit pour la France plusieurs mois d’épidémie généralisée, avec un système de santé incapable de répondre à toutes les sollicitations. La dernière décision du gouvernement est de fermer les bars et restaurants après 22 heures dans les grandes villes, et totalement à Marseille et Aix-en-Provence.

Pourtant, les chiffres officiels de Santé publique France ne montrent pas que les bars et restaurants soient les lieux de contaminations les plus fréquents. Les nouveaux clusters se situent principalement dans les écoles et universités et sur les lieux de travail. Il est clair également que les transports en commun représentent un risque important, même si l’on y porte des masques. C’est donc logiquement dans ces trois secteurs qu’il faudrait s’attaquer fermement à la diffusion du virus. Mais ce gouvernement ne veut manifestement pas prendre des mesures qui léseraient les grands patrons.

Les délais pour réussir à se faire tester restent beaucoup trop longs et limitent dramatiquement la possibilité de suivre les chaînes de contamination et d’isoler rapidement tous les cas positifs.

Rien n’a été fait pour renforcer les Ehpad et les hôpitaux et leur donner les moyens de faire face à la deuxième vague. Il y avait 5 000 lits de réanimation en février, et il y en a aussi peu aujourd’hui. Depuis des décennies, les responsables politiques de tout bord cherchent à faire fonctionner le système de santé à flux tendu, comme dans les usines.

Leur solution en cas d’épidémie est d’embaucher un peu en catastrophe, de suspendre le reste de l’activité et de pousser les murs. C’est ce qui s’est passé au printemps, et cela s’est traduit par des patients qui n’ont pas pu être soignés en réanimation, des patients cancéreux ou cardiaques diagnostiqués trop tard. Dans le domaine de la santé, il est indispensable qu’en temps normal il y ait abondance de personnel, de lits et d’hôpitaux.

C’est le seul moyen de pouvoir faire face aux brusques variations de l’activité, qui sont en fait inévitables. Mais, pour un gouvernement avant tout soucieux de servir le patronat, il s’agirait de dépenses inutiles !

La catastrophe actuelle, n’est pas le seul fait du Covid-19. Sa mortalité est estimée à 3 pour 1 000, environ le double de celle de la grippe. Partout dans le monde, les dégâts dus à la maladie sont aggravés par l’organisation lamentable de la société, dirigée par des capitalistes incapables de gérer les intérêts de l’humanité.

Jean POLLUS