Iran – États-Unis : Trump impose sa loi

23 Septembre 2020

« Aujourd’hui, les États-Unis saluent le retour de quasiment toutes les sanctions de l’ONU auparavant levées contre la République islamique d’Iran » déclarait le secrétaire d’État, Mike Pompeo, le 20 septembre.

Il y a plus de deux ans, Trump s’était retiré de l’accord sur le nucléaire signé en 2015 par l’Iran et les dirigeants des pays impérialistes, les États-Unis dirigés alors par Obama, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, ainsi que la Chine et la Russie. Depuis, il a rétabli des sanctions économiques à l’encontre du régime iranien. Et il pourrait aller encore plus loin.

Trump menace aussi de s’en prendre aux pays signataires – qui, eux, ne se sont pas retirés de l’accord – si ces derniers ne se plient pas à sa volonté. Ils pourraient ainsi se voir interdire l’accès au marché et au système financier américains. France, Allemagne et Grande-Bretagne ont protesté comme il se doit. Mais depuis deux ans, ces puissances se sont largement pliées aux sanctions économiques américaines, qui ont des conséquences catastrophiques en Iran. Ainsi les exportations de pétrole, première source de revenus, restreintes du fait des décisions américaines, ont presque été divisées par cinq. Le pays manque de tout. Il manque en particulier de certains produits utilisés par le secteur de la santé, qui dépendent d’ingrédients et de matériaux importés. Il manque de médicaments, même parmi ceux qui sont indispensables pour soigner les maladies « ordinaires ». Et la situation créée par la pandémie a encore aggravé les choses.

Cette décision américaine intervient dans le contexte de la campagne électorale que mène Trump. Il affiche sa ferme volonté de mettre le régime iranien à genoux. Mais il s’agit aussi pour le représentant de l’impérialisme le plus puissant de faire savoir aux autres pays impérialistes qu’ils ne peuvent pas agir contre sa volonté, et en particulier qu’il n’est pas question de profiter de la situation pour faire des affaires avec l’Iran dans son dos.

Une chose est certaine, les dirigeants européens, pas plus que Trump, ne se soucient du sort de la population pauvre iranienne touchée de plein fouet par les conséquences de l’embargo imposé par les États-Unis.

Aline RETESSE