FAM – Boulogne-Billancourt : Faire Avec Moins ?

23 Septembre 2020

Lundi 14 septembre le personnel du Foyer d’accueil médicalisé (FAM) pour adultes handicapés, à Boulogne-Billancourt, s’est retrouvé sous les fenêtres de l’administration pour crier sa colère. Il y a de quoi, depuis le confinement et les promesses de Macron concernant les « travailleurs en première ligne », rien ne s’est amélioré.

Les adultes hébergés dans ce foyer présentent des problèmes moteurs, cognitifs et de comportement. Les locaux sont récents, certes. Mais le manque de personnel est scandaleux. Les aides-soignantes et aides médico-­psychologiques au quotidien auprès des résidents sont en nombre insuffisant. La direction emploie donc des vacataires, voire utilise des stagiaires. Le personnel est également envoyé comme bouche-trou en fonction des absences dans un secteur ou dans un autre. Un jour, une collègue s’est retrouvée seule pour onze résidents ! On propose au personnel de faire des heures supplémentaires, ce que certaines acceptent car les salaires sont très bas : autour de 1 500 euros pour quatre ans d’ancienneté, en travaillant un week-end sur deux.

L’effectif du personnel, dans ces structures, est pourtant défini selon des normes. Mais elles sont liées à l’autonomie des résidents, qui se dégrade souvent avec le temps. Amener un résident à une consultation spécialisée à l’autre bout de Paris étant une tâche très lourde, les sorties récréatives sont quasiment abandonnées. Le travail se limite souvent à l’indispensable : les toilettes, les repas et la surveillance car certains résidents peuvent devenir violents ou se mettre en danger.

Le manque de personnel spécialisé est également flagrant. Le FAM n’a pas de kinésithérapeute embauché. Ceux qui interviennent travaillent en libéral, ce qui fait que pendant le confinement les résidents se sont trouvés sans prise en charge. Il n’y a pas non plus d’ergothérapeute, pas de matériel adapté, une infirmière un seul jour par semaine, une psychologue à mi-temps et trois éducateurs pour 36 résidents. Sauf pendant l’été, où certains résidents ont pu rentrer chez leurs proches, l’établissement est plein. Il arrive même qu’une personne soit accueillie de façon temporaire en surnombre, à la journée.

Le personnel a commencé à exprimer son mécontentement, et il est bien décidé à ne pas en rester là.

Correspondant LO