Covid-19 : comment justifier l’injustifiable

23 Septembre 2020

Après l’interruption des vacances, la commission d’enquête parlementaire chargée d’analyser la gestion de la crise sanitaire par l’État s’est remise à l’œuvre. En juillet, elle siégeait dans les sous-sols de l’Assemblée nationale, aujourd’hui elle se réunit dans ceux du Sénat.

Le 16 septembre, les hauts responsables du ministère de la Santé étaient auditionnés ainsi que Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé. On se souvient des conseils que ce dernier prodiguait quotidiennement à la télévision au mois de mars, notamment quand il défendait l’inutilité voire le danger de porter un masque dans la rue. Pourquoi un tel conseil dont chacun sait aujourd’hui qu’il était alors dicté par la seule absence de masques ? « C’était peut être une expression très maladroite de ma part », répond-il aujourd’hui avant d’ajouter, comme pour s’excuser, qu’on ne connaissait alors pas bien le virus et son mode de transmission.

Pourquoi la disparition du stock stratégique de masques, sa destruction, puis le retard et la faiblesse des commandes qui ont abouti à la pénurie qu’on a connue ? Là, les hauts responsables se renvoient la patate chaude dans le registre c’est pas moi, c’est l’autre, arguant d’un « manque de communication ». Quant à Jérôme Salomon, il n’hésite pas à déclarer : « Je sais qu’il y a des professionnels qui ont manqué de masques et c’est absolument dramatique. Mais c’est important de dire qu’il y a aussi beaucoup de professionnels qui ont travaillé dans de bonnes conditions, parce qu’ils ont été livrés dans les hôpitaux. »

Que certains aient réussi à travailler, c’est encore heureux. Reste que les hôpitaux ont connu une situation catastrophique avec des pénuries de masques, de tests, de matériels, de médicaments, de personnels soignants… Parce que depuis des décennies les gouvernements successifs ont rogné les budgets destinés à la santé et conduit tout le secteur public hospitalier au bord de l’effondrement.

Depuis le début de la crise sanitaire le gouvernement continue la même politique, le même pillage et continue à tenter de masquer le tout par des mensonges.

Sophie GARGAN