CICE : à fonds perdus pour l’emploi, pas pour les patrons !

23 Septembre 2020

Deux études sur l’impact du crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) ont été rendues publiques le 17 septembre. Leurs conclusions rejoignent six rapports publiés entre 2013 et 2018 : les dizaines de milliards garantis au patronat par le CICE ne servent ni à créer ni à maintenir des emplois.

Inauguré sous François Hollande en 2013, le CICE permettait une baisse d’impôts pour les entreprises, qui ont bénéficié au total de plus de cent milliards d’euros. En 2019, sous Macron, le dispositif a été supprimé et remplacé par une baisse permanente de cotisations pour les patrons.

En 2013, le patron du Medef, Gattaz, promettait un million d’emplois en cinq ans grâce au CICE. Les rapports maintenant publiés estiment qu’entre 2013 et 2017, le CICE a eu une incidence sur 100 000 à 160 000 emplois, ce qui est dans la fourchette des études précédentes, mais reste bien discutable car aucun contrôle ni aucune contrepartie n’ont jamais été imposés aux entreprises. De toute façon, point besoin d’expertises pour savoir que le chômage n’a pas reculé depuis 2013 et qu’au contraire il explose depuis plusieurs mois. Le CICE a garanti à Auchan, Renault, Airbus, Bridgestone, à tous les groupes industriels et financiers riches à milliards une prime versée par l’État.

Le bilan du CICE, mis en place sous prétexte de sauver l’emploi, est sans appel d’année en année. Mais on peut faire le même bilan pour l’ensemble des aides publiques dont bénéficient les entreprises, les plus grandes se réservant la part du lion. En 2018, la CGT avait évalué à 200 milliards d’euros leur coût annuel pour l’État. Avec une telle somme, il aurait été possible de créer des millions d’emplois dans les écoles, les hôpitaux, les Ehpad, dans tous les services publics utiles à la population.

C’est tout le contraire qui a été fait puisque, pour financer ces cadeaux aux capitalistes, l’État a supprimé des emplois.

Le chômage, c’est aussi le résultat d’un choix de classe, celui fait par l’État de mettre les profits patronaux sous perfusion.

Boris SAVIN