ADP – Roissy : une manifestation réussie

23 Septembre 2020

En cherchant à imposer rapidement des coupes dans les revenus des salariés, la direction d’ADP espérait que ceux-ci ne trouveraient pas le temps de réagir. Mais c’est raté : malgré le chômage partiel et le télétravail, une manifestation dans l’aéroport Charles-de-Gaulle a réuni jeudi 17 septembre plus de 800 travailleurs de Roissy et d’Orly.

Depuis deux semaines les salariés exprimaient de plus en plus ouvertement leur mécontentement devant le plan de la direction. Celui-ci prévoit 1 400 départs volontaires dont 700 seraient remplacés, le prolongement du chômage partiel et un accord de performance collective (APC) visant à réduire drastiquement l’ensemble des primes, jusqu’à 800 euros par mois. C’est ce dernier projet qui a cristallisé la colère des travailleurs, en particulier chez le personnel qui travaille la nuit ou le week-end, puisque l’APC s’attaque, entre autres, aux heures majorées.

Les raisons de refuser les attaques de la direction ont été largement discutées jour après jour. Pendant des années, ADP a engrangé d’énormes profits, lui permettant d’être le premier groupe aéroportuaire mondial, et les actionnaires ont été gavés. Mais ces profits ont été produits par les travailleurs. Comme l’ont fait remarquer certains, même pendant le confinement, c’est eux qui étaient aux postes, sans protection, pour rapatrier et soigner les passagers en plein Covid. Alors ils n’acceptent pas d’être sacrifiés. Leur travail n’a pas changé, leur salaire ne doit pas baisser.

Lundi 14 septembre, les SSIAP (agents de sécurité incendie et d’assistance aux personnes) se sont organisés pour se retrouver pour la deuxième fois à une cinquantaine devant le bâtiment des négociations à Paris. À l’initiative de militants CGT, des réunions sur les pauses ont été improvisées toute la semaine. Les tracts, les affiches et les rendez-vous étaient largement partagés sur les réseaux sociaux. Tout cela créait un climat donnant envie de venir.

La manifestation a donc été un succès. Certains avaient préparé des slogans, comme : « ADP, précarité pour ses salariés, non à l’APC ! ». Le cortège était accompagné de coups de klaxons et de gestes de sympathie de travailleurs d’entreprises sous-traitantes.

Les tentatives de désamorçage de la direction, qui a légèrement diminué l’ampleur des attaques, n’ont pas fonctionné. Les travailleurs savent que c’est une stratégie de négociation et ne s’en satisfont pas. Le mot d’ordre « non à l’APC » est de plus en plus repris.

Les plus mobilisés veulent « battre le fer tant qu’il est chaud » et augmenter la pression sur la direction jusqu’au 23 octobre, date de fin des négociations. De nouveaux rassemblements ont été prévus. Nombreux et mobilisés, les travailleurs peuvent être une force et faire reculer la direction.

Correspondant LO