PSA – Douvrin : batteries de subventions publiques

16 Septembre 2020

Le groupe PSA a confirmé la création d’une usine de fabrication de batteries pour l’automobile sur la zone industrielle de Douvrin dans le Pas-de-Calais, dans le cadre d’une société commune à PSA, Opel et Saft (filiale de Total).

La construction devrait se faire sur des terrains et bâtiments qui viennent d’être revendus à l’État via l’EPF, établissement public foncier. Comme dans toutes ses usines, PSA a réduit ses surfaces en compactant les ateliers et en réduisant de manière massive les effectifs de son usine de Douvrin, la Française de Mécanique (FM). 2 000 emplois y ont été supprimés rien que ces cinq dernières années. Il y avait encore plus de 6 500 salariés il y a vingt ans, il y en a moins de 1 700 aujourd’hui.

Les responsables politiques locaux, notamment le président de la région Hauts de France, ainsi que le gouvernement se sont largement félicités d’avoir obtenu que ce projet se réalise à cet endroit, se vantant de la création future de plus de 2 000 emplois, chiffre que la direction de PSA ne confirme absolument pas. Dans l’annonce qu’elle a faite aux syndicats, elle précise que les emplois de demain pourraient provenir de salariés de la Française de Mécanique ou de Total et ses filiales, et s’est dite incapable de donner un chiffre de recrutement. La FM prévoit en effet l’arrêt de fabrication du moteur diesel d’ici un à deux ans et a réduit à une équipe au lieu de quatre la production de son moteur essence trois cylindres.

Beaucoup de salariés de l’usine ne se font pas d’illusion sur cette fabrique de batteries, ne serait-ce que parce que les salaires et revenus risquent d’être plus bas, comme c’est toujours le cas dans les filiales des grands groupes. 800 millions de subventions publiques sont prévus pour un projet qui devrait coûter 1,3 milliard, alors que les coffres de PSA sont remplis (9 milliards de profits ces cinq dernières années, en plus de réserves d’au moins autant). C’est scandaleux.

Ce projet est à l’image du plan de relance dernièrement annoncé par le gouvernement, qui va distribuer la plus grande partie de ses 100 milliards d’euros aux grands groupes capitalistes français, au nom du soutien à l’économie. Des milliards seront distribués, sans aucune exigence ni contrôle, destinés avant tout à assurer les profits des actionnaires.

Seule une contre-offensive du monde du travail pourra faire cesser le pillage des fonds publics par les plus riches et imposer la création d’emplois utiles, la répartition du travail entre tous sans baisse du salaire.

Correspondant LO