Salariés vulnérables : condamnés à retourner au travail

09 Septembre 2020

Depuis le 1er septembre, une grande partie des travailleurs présentant des risques de santé accrus face au Covid 19 ne pourront plus bénéficier automatiquement du chômage partiel, et de l’indemnisation à laquelle il donne droit.

Cette mesure est en contradiction avec les déclarations du gouvernement sur la reprise de l’épidémie, mais témoignent d’une volonté affichée de faire reprendre le travail à tous et à toutes.

Les diabétiques, les salariés atteints de maladies cardio-vasculaires, d’obésité ou d’affections respiratoires devront ainsi retourner au travail s’ils n’ont pas obtenu d’arrêt maladie de leur médecin traitant. Seuls restent éligibles au chômage partiel les malades atteints d’un cancer évolutif sous traitement ou d’une immunodépression, ceux de plus de 65 ans cumulant diabète et obésité et ceux en insuffisance rénale chronique sévère ou dialysés. Ces conditions sont tellement restrictives qu’elles écartent le plus grand nombre de personnes à risque. D’autre part, les salariés partageant le domicile d’une personne vulnérable ne peuvent plus bénéficier d’un certificat d’isolement et de l’indemnisation.

Ces mesures scandaleuses mettent en danger la santé et la vie des travailleurs les plus vulnérables. Elles les obligent à reprendre le travail sous le prétexte fallacieux qu’avec les protocoles de sécurité et le port du masque on ne risque plus rien à l’usine ou au bureau. C’est un mensonge éhonté, amplement démenti par le fait que beaucoup des clusters identifiés ont leur origine dans les entreprises. Mais peu importe au gouvernement. Il est prêt à sacrifier les travailleurs, ceux à risque comme les autres, sur l’autel du profit.

Daniel MESCLA