Lafarge : pollueur récidiviste

09 Septembre 2020

Le 27 août, l’OFB (Office français de la biodiversité) et la Brigade fluviale de Paris ont pris le cimentier Lafarge en flagrant délit de pollution de la Seine, sur les quais de Bercy, à quelques pas du ministère de l’Économie.

Sur les photos et vidéos prises par les enquêteurs et publiées par une partie de la presse, on voit une eau blanchâtre sortir d’un camion-toupie de Lafarge et se déverser dans la Seine après avoir transité par une cuve. D’après les analyses, cette eau contient du béton, du ciment, des liquides de traitement et des microfibres de plastique, un cocktail mortel pour les poissons et pour les algues.

Lafarge prétend que la cuve aurait été endommagée par un acte de malveillance et que cet incident serait exceptionnel. Un responsable de l’AAPPMA (Association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique), qui a mené l’opération du 27 août, rappelle qu’en 2019 une filiale de Vinci a déjà été condamnée à une amende de 50 000 euros pour avoir rejeté du béton dans la Seine. Il rappelle aussi que des pêcheurs ont donné l’alerte il y a plusieurs mois. Selon lui, ces déversements toxiques durent depuis des années, comme en témoignent les couches de ciment séché visibles sur les quais de Seine. Enfin, des riverains ont envoyé à la mairie de Paris des photos montrant un autre site de Lafarge, dans le 15e arrondissement, effectuer les mêmes déversements dans la Seine.

Face au scandale, la maire de Paris et la ministre de l’Écologie ont fait mine de s’indigner et ont promis des contrôles et des sanctions contre Lafarge. Le parquet de Paris a été saisi le 1er septembre. Ces froncements de sourcils ne risquent pas d’impressionner Lafarge. Au pire, le cimentier écopera, comme son concurrent Vinci, d’une amende de quelques dizaines de milliers d’euros… une broutille pour ces milliardaires du bâtiment.

Julie LEMÉE