Masques aux frais des familles

02 Septembre 2020

Castex justifie le refus de l’État de prendre en charge le coût des masques en prétendant que les collégiens et lycéens « n’en ont absolument pas besoin », puisqu’ils ont déjà l’obligation d’en porter un dans les transports en commun.

Des propos d’une malhonnêteté criante, car les scientifiques recommandent de changer de masque au moins toutes les quatre heures. Pour une protection efficace, ce n’est donc pas un mais deux, voire trois masques par jour que les élèves devraient porter.

Castex, droit dans ses bottes, soutient qu’« il n’y a pas de défaillance de l’État ». Décrétant que la lutte contre le virus est l’affaire de tous, il dit que « chacun doit apporter son écot » et qu’il faut « penser aux autres ».

Ces leçons de morale sont d’autant plus insupportables que l’État, soucieux de ménager les intérêts du patronat, n’a jamais été capable d’avoir une attitude cohérente et efficace face à la crise du Covid, faute d’y mettre les moyens. Après avoir affirmé dans un premier temps que les masques ne servaient à rien, le gouvernement a opéré un virage à 180° sans pour autant cesser d’avoir une attitude incohérente.

Des promeneurs ont été verbalisés pour défaut de masque alors qu’ils étaient seuls. En revanche un inspecteur du travail a été sanctionné pour avoir poursuivi en justice une entreprise qui refusait à ses employés les protections individuelles élémentaires, dont le masque.

Le refus de la gratuité des masques s’inscrit dans la lignée de cette attitude irresponsable vis-à-vis de la collectivité. L’État n’est même pas capable de fixer le prix des masques au niveau d’avant la crise, à savoir 5 centimes d’euro. Cette charge supplémentaire pour les familles ne pourra qu’inciter les élèves dont les parents ont peu de moyens à garder le même masque toute la journée, ce qui favorisera la circulation du virus.

Denis Aler