Épidémie : l’État irresponsable

02 Septembre 2020

Depuis la mi-juillet, le nombre de cas positifs au test du coronavirus augmente dans le pays. D’environ 500 par jour, il est passé à plus de 7 000 vendredi dernier. Dans son dernier bulletin hebdomadaire, Santé publique France parle d’un doublement des cas toutes les deux semaines et d’une augmentation exponentielle.

Le nombre de tests positifs actuel est au même niveau qu’au pire moment de l’épidémie, en avril. Pourtant la situation est beaucoup moins grave, pour l’instant, puisque les nombres de patients hospitalisés et de décès restent faibles.

Cette contradiction s’explique avant tout par le fait que, au pic de l’épidémie, il y avait une pénurie de tests et qu’on ne testait que les malades les plus graves. Progressivement, durant l’été, le nombre de tests a augmenté et on dépiste maintenant un grand nombre de patients positifs qui ne présentent que peu ou pas de symptômes. Le porte-parole du gouvernement a presque crié victoire en parlant d’une barre historique de 900 000 tests par semaine et en nous promettant le million pour bientôt.

Mais il ne suffit pas de tester. Il aurait fallu chercher et tester largement les personnes au contact des cas positifs et les isoler. Le gouvernement n’a pas mis les moyens suffisants pour que cela soit fait de façon systématique. De plus, les délais pour se faire tester sont trop longs et il faut souvent beaucoup d’énergie pour y parvenir. Le résultat c’est que, contrairement à ce que prétend le gouvernement, l’épidémie n’est pas sous contrôle.

Cela n’avait rien d’inévitable. Le gouvernement distribue les milliards pour soutenir le grand patronat mais, contre l’épidémie, il n’a rien fait d’autre que des leçons de morale et des mesures qui ne lui coûtent rien, comme l’obligation des masques. La rentrée scolaire se fait sans réelles précautions sanitaires. Les protections dans les entreprises sont souvent dérisoires. Les transports en commun vont de nouveau être bondés, ce qui rend la distanciation physique impossible. Rien n’a changé non plus, dans les hôpitaux et les Ehpad, pour mieux affronter une éventuelle deuxième vague.

Comme en mars et avril dernier, c’est l’énergie et le dévouement des travailleurs qui seuls peuvent permettre de limiter les conséquences de l’irresponsabilité gouvernementale.

Jean POLLUS