Stocks de nitrate d’ammonium : des bombes en puissance

19 Août 2020

L’explosion de Beyrouth a rappelé que le nitrate d’ammonium, en raison de son énorme pouvoir explosif, doit être stocké avec les plus grandes précautions.

La DGPR (Direction générale de la prévention des risques) affirme : « Après l’explosion, en 2001, de l’usine AZF de Toulouse, nous nous sommes dotés de la réglementation la plus stricte d’Europe. » Le problème est qu’il ne suffit pas de se doter d’une réglementation stricte en matière de sécurité, encore faut-il que la collectivité se donne les moyens d’obliger les entreprises à la respecter. Or les contrôles ne cessent de diminuer : de 25 121 en 2003, ils sont passés à 18 196 en 2018. De plus, les chiffres sur le nombre de sites de stockage varient d’une source ministérielle à l’autre, preuve que l’État est incapable d’établir un réel état des lieux.

On estime à 2 millions de tonnes la quantité de nitrate d’ammonium stockée sur le territoire français. Mais seuls les sites stockant plus de 2 500 tonnes, la quantité qui a dévasté Beyrouth, seraient contrôlés régulièrement, au moins une fois par an.

Devant le peu de contrôle des pouvoirs publics et au vu des politiques d’économies des entreprises au détriment de la sécurité, il y a beaucoup de raisons de craindre que des catastrophes comme celle de Beyrouth ou celle d’AZF se reproduisent tôt ou tard.

Denis Aler