Inspecteurs du travail : solidarité avec Anthony Smith

19 Août 2020

Alors que la sécurité des travailleurs était mise en danger, c’est l’inspecteur du travail qui tentait de faire appliquer le Code du travail qui est sanctionné !

Le ministère du Travail a notifié le 14 août à Anthony Smith, inspecteur du travail dans la Marne, sa mutation disciplinaire. Il avait en avril, en plein pic de la pandémie de Covid, saisi le juge des référés, comme le Code du travail le prévoit, pour obliger une association d’aide à domicile à fournir à ses travailleurs des protections individuelles, notamment des masques. Sa hiérarchie ne l’avait pas admis et, sur demande du patronat local, l’avait empêché d’agir en engageant une procédure disciplinaire contre lui en le mettant à pied sur-le-champ.

Il a, depuis ce jour, reçu le soutien massif de ses collègues dans toute la France, des organisations syndicales CGT, CFDT, CNT, FO, FSU et SUD du ministère et de beaucoup de travailleurs. Une pétition de soutien a recueilli près de 150 000 signatures. Une manifestation rassemblant 500 personnes avait été organisée le 21 juillet à Paris devant le ministère, lors de sa convocation devant la commission disciplinaire.

Cette procédure a beaucoup choqué les agents de l’inspection du travail, car c’était la première fois qu’un des leurs était visé par une procédure disciplinaire pour n’avoir voulu faire que son travail de protection de la santé des salariés. Et le ministère du Travail a attendu d’être en plein été pour prendre cette sanction révoltante, espérant ainsi empêcher la mobilisation des agents pendant une période où beaucoup de travailleurs sont en vacances.

Ces derniers l’ont reçu comme une sanction qui les concerne tous, se disant que plus aucun inspecteur n’est à l’abri demain d’une telle sanction s’il tente d’accomplir ses missions.

Cette tentative de mise au pas des inspecteurs du travail est une expression de la guerre sociale menée tous les jours par les capitalistes contre les travailleurs, et ce n’est pas le Code du travail qui les protègera dans cette lutte qui se durcit brutalement, les plans de licenciements s’ajoutant à la pandémie.

Dans plusieurs unités départementales des Direccte, à Paris, à Bobigny comme dans d’autres villes en France, dès le 17 août les inspecteurs du travail ont manifesté leur colère auprès de leur hiérarchie. Ils se sont réunis en assemblée pour décider de la suite de leurs actions et demandent le retrait de la sanction.

Correspondant LO