Fonction publique : l’État entretient la précarité

19 Août 2020

Macron, en début de mandat, avait annoncé la suppression de 120 000 fonctionnaires d’État et des collectivités sur cinq ans. La crise sanitaire ayant révélé le manque criant d’emplois publics, notamment dans la santé, ces propos sont devenus difficiles à assumer.

Dans le cadre du plan de relance, le ministre de l’Économie Le Maire annonce à présent le maintien des effectifs de la fonction publique, avec des augmentations de postes dans la police, la justice et la santé.

Une telle annonce suppose que des postes seront supprimés ailleurs, mais le ministre s’est bien gardé de le préciser. En outre, ces emplois créés seront uniquement des CDD. Le gouvernement ne veut créer aucun emploi stable, y compris là où ils seraient indispensables comme dans les hôpitaux. Il s’apprête à augmenter la part d’emplois précaires dans la fonction publique, alors que ceux-ci représentent environ 20 % des effectifs, soit un million d’emplois.

Le gouvernement appliquera pour l’occasion le CDD de projet, rendu possible depuis l’adoption de la loi de transformation de la fonction publique en août 2019. Ces contrats d’un an minimum, et de six ans maximum, sont liés en principe à un projet ou une opération déterminée, et s’achèvent après ces missions. Ils pourront même être raccourcis, si l’employeur public estime la mission terminée.

Il n’y a nul besoin d’inventer de nouvelles missions : il suffirait juste de rétablir les postes supprimés massivement au fil des ans.

Ce ne sont pas les besoins qui manquent, dans les hôpitaux mais aussi pour l’aide à la personne, la remise en état des logements, l’accueil dans les écoles ou les transports. Mais, pour le faire, il faudrait vraiment avoir à cœur de lutter contre le chômage. Ce n’est pas l’objectif de ce gouvernement, pas plus que de ceux qui l’ont précédé.

Alain CHEVARD