Emploi : contre les licenciements, prendre sur les profits !

19 Août 2020

Entre le 1er mars et le 19 juillet, 275 plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) ont été recensés officiellement, prévoyant la suppression de 43 343 postes.

De Nokia à Sanofi, les grands groupes riches à milliards sont à l’offensive. Renault avait ouvert le front de cette guerre patronale avec l’annonce de la suppression de 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France. Puis c’est dans l’aéronautique que la saignée devait se poursuivre : 7 580 postes chez Air France, 5 000 chez Airbus, sans compter les licenciements que cela entraîne chez les sous-traitants.

Les dirigeants de ces entreprises justifient ces réductions de personnel en mettant en avant les conséquences économiques de l’épidémie de Covid. Mais certains de ces plans étaient prévus déjà bien avant. Et, de toute façon, ces entreprises ont accumulé dans un passé récent de plantureux bénéfices qui pourraient permettre de financer le maintien de l’emploi. En 2019, à elles seules, les entreprises du CAC 40 ont distribué plus de 60 milliards d’euros aux actionnaires capitalistes. L’an dernier, le bénéfice opérationnel d’Airbus a atteint 6,9 milliards d’euros. Pour Renault, c’est 3,3 milliards de résultat net en 2018. La grande bourgeoisie a largement de quoi amortir les effets de cette crise. Depuis des années, elle a accumulé des milliards sur l’exploitation des travailleurs, de quoi maintenir l’intégralité des salaires et des emplois. S’il y a une baisse de l’activité dans certaines entreprises, il faut que l’on travaille moins pour que l’on travaille tous. Au contraire, on voit dans certaines entreprises, de l’aéronautique comme de l’automobile, que l’intensification du travail et des cadences est repartie de plus belle.

Face à cette aberration de l’organisation capitaliste de l’économie, face au chômage, les travailleurs devront imposer la répartition du travail entre tous les bras disponibles sans aucune diminution de salaire.

Christian CHAVAUX