Chômage : des chiffres à la réalité

19 Août 2020

L’Insee vient de faire paraître des chiffres du chômage au second trimestre et, surprise, ils sont en baisse. Mais les commentateurs, même favorables au gouvernement, ont bien été obligés de dire qu’il ne s’agissait que d’une baisse en trompe-l’œil, et que la réalité est bien plus sombre.

En fait, l’étude s’est basée sur la définition du chômage établie par le Bureau international du travail : est considéré comme chômeur celui qui n’a pas de travail au moment de l’enquête, celui qui est disponible immédiatement pour commencer un emploi et, surtout, celui qui a cherché activement un emploi au cours des quatre dernières semaines. Or, avec le confinement, la plupart des chômeurs n’ont pas pu chercher de travail ces derniers mois. Ils sont donc tout simplement sortis des statistiques, ce qui explique la prétendue baisse.

Constatant que les chiffres ne rendaient absolument pas compte de la réalité, même de très loin, des économistes ont créé une nouvelle catégorie, pudiquement nommée le « halo » du chômage. Il s’agit en fait de tous ceux qui ne sont pas officiellement dans les comptes du chômage, mais qui voudraient trouver un travail. Bref, des chômeurs. Leur nombre a bondi de 44 000 entre le premier et le deuxième trimestre.

Tout le monde s’accorde à dire que le chômage atteindra des records d’ici la fin de l’année, puisque les plans de licenciements en cours ne sont pas encore intégrés dans ces chiffres. Et, au moment où des dizaines de milliers de travailleurs sont poussés au chômage, des besoins utiles, dans les hôpitaux, les Ehpad mais aussi bien d’autres secteurs, ne sont pas assurés, faute d’embauche. Le chômage n’est pas une fatalité : il découle des choix du patronat et du gouvernement à son service. La classe ouvrière aura à se défendre pour conserver tout simplement de quoi vivre.

Camille PAGLIERI