SBM Offshore – Monaco : des licenciements scandaleux

12 Août 2020

Le groupe d’origine hollandaise SBM Offshore, spécialisé dans la fourniture de plateformes pétrolières offshore, vient d’annoncer la suppression de 180 postes sur les 1 000 qu’il compte dans ses bureaux à Monaco et d’autres licenciements sont prévus dans le monde.

Pendant le confinement, alors que la direction prétendait se soucier du bien-être de ses collaborateurs et prendre en compte les contraintes familiales de chacun, elle avait immédiatement renvoyé la majeure partie du personnel prestataire externe et mis les embauchés en télétravail. À la fin du confinement, elle s’est félicitée de la forte productivité de ces derniers.

L’État monégasque avait interdit tout licenciement dans la principauté jusqu’au 18 juin. Dès le lendemain, la direction convoquait les délégués du personnel pour leur annoncer un plan social, prétextant un marché du pétrole en crise pour les deux prochaines années. Elle invoquait la nécessité de restructurer pour gagner en compétitivité.

Pourtant, en plein confinement, des dividendes de 150 millions de dollars ont été versés aux actionnaires, ce qui représente bien plus que deux ans de salaire pour l’ensemble des postes supprimés dans le monde. Et ces dividendes ont doublé en un an et même quintuplé depuis 2016 ! Ces coupes claires dans les effectifs ne visent en réalité qu’à envoyer un signal positif aux actionnaires et à faire monter le cours de l’action.

Ces licenciements en plein été – la loi monégasque permettant d’aller très vite – et dans le contexte de crise, alors que les salariés sont toujours en télétravail ou en congés, sont perçus comme une infamie, d’autant que le personnel a déjà fait les frais de deux plans sociaux en 2015 et 2016. Et qu’il sait pertinemment que l’entreprise n’est pas en crise.

Correspondant LO