Prisons : encore surpeuplées

12 Août 2020

Avec la crise du Covid-19, le ministère de la Justice était tout fier d’annoncer un taux d’occupation des prisons sous la barre symbolique des 100 %. Mais, dans le détail, la situation est bien moins reluisante.

Sous la pression de plusieurs mutineries, provoquées par les conditions de vie indignes et la suppression des parloirs, le ministère de la Justice avait donné consigne aux juges d’application des peines de vider un peu les prisons. Par exemple la prison centrale de Fleury-Mérogis comptait au 1er juillet 2 761 détenus, soit un taux de 93,7 % d’occupation, alors que, durant ces deux dernières années, la barre des 4 000 détenus avait été plusieurs fois dépassée. Mais à Nîmes, par exemple, la situation est moins reluisante, avec 365 détenus pour 200 places, tout comme à Carcassonne, où le taux d’occupation atteint 208 %. La situation est tellement catastrophique que l’administration pénitentiaire utilise le nombre de matelas au sol dans les cellules comme moyen de mesure. D’ailleurs, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France en 2020 pour « traitements inhumains et dégradants ».

Le cabinet du nouveau ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, affirme que « la disparition des matelas au sol est un objectif » : dans un pays riche comme la France, quelle ambition ! La situation faite aux prisonniers juge cette société. Indulgente envers des délinquants comme Bal­kany, trop malade pour rester en prison mais assez en forme pour se trémousser devant les caméras au bal du 14-Juillet, elle est dure au commun des détenus, moins bien entourés et moins riches, entassés comme du bétail dans des bâtiments insalubres.

Kevin Burger