Iveco Bus – Annonay : le thermomètre de la colère12/08/20202020Journal/medias/journalnumero/images/2020/08/2715.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Iveco Bus – Annonay : le thermomètre de la colère

L’usine Iveco d’Annonay, en Ardèche, emploie 1 200 à 1 500 travailleurs qui produisent bus et cars. Chaque année, en période de chaleur, les conditions de travail y deviennent insupportables.

Dans les hangars mal isolés, la température grimpe de plusieurs degrés. Dans les ateliers de peinture et de soudure c’est encore pire, avec les fours, les postes à souder, les cabines où l’air circule mal, le port des combinaisons… À l’atelier soudure, il y a bien une prime de chaleur, résultat d’une grève menée il y a plusieurs années. Mais la chaleur est toujours là, et elle met les ouvriers en danger.

Au début de cette année, la direction avait promis des investissements. Mais, l’été approchant, cette promesse a été mise au rebut sous prétexte de Covid et des dépenses liées aux mesures sanitaires. En fait, ces dépenses seront probablement remboursées par l’argent public au nom de la « relance de l’industrie », ce qui permettra au patron de gagner sur tous les tableaux.

De plus, depuis la fin du confinement, la charge de travail a augmenté. De nombreux intérimaires ont été mis à la porte, tandis que les rythmes augmentaient en production. Tenir les cadences en pleine chaleur, en portant un masque, est devenu insupportable. Cerise sur le gâteau, la direction n’a pas versé la prime de chaleur au début de l’été. Il a fallu que les soudeurs réclament pour l’obtenir, augmentée de quelques dizaines d’euros par mois. Tout cela a donné des idées : les travailleurs du secteur peinture, eux, ne la touchaient même pas, et ils ont débrayé à une trentaine la dernière semaine de juillet, pour réclamer la prime, la climatisation des cabines de peinture et de l’embauche.

Le directeur de l’usine, contraint de venir s’expliquer devant les grévistes, les a accusés de vouloir « couler la boîte » !

Cette déclaration a provoqué la colère des ouvriers, qui lui ont dit leur manière de penser et étaient contents de s’être fait respecter. Rendez-vous est pris à la rentrée pour veiller à ce que les revendications soient satisfaites.

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