Île de Ré : la misère côtoie l’opulence

12 Août 2020

L’île de Ré est connue comme lieu de villégiature bourgeois, avec ses résidences cossues des Portes-en-Ré entourées de plages de sable blanc, d’un terrain de golf et d’une réserve naturelle. Mais, parmi les 18 000 habitants de l’île, qui sont dix fois plus l’été, il y a aussi de nombreux travailleurs, qui subissent de plein fouet les conséquences de la crise.

Ainsi le Secours populaire, qui a ouvert une antenne mobile sur l’île au début du confinement, y a vu affluer jusqu’à 160 familles, dont certaines personnes qui vivent avec la moitié d’un RSA et ne mangent qu’une fois par jour. Les prix alimentaires sur l’île sont d’ailleurs tirés vers le haut par la présence de consommateurs fortunés.

Ces habitants doivent bien payer le loyer de leur HLM sur l’île, ou de leur petit terrain qui héberge une cabane de chasse ou une caravane délabrée, jouxtant de somptueuses villas ou longères. Mais pour cela beaucoup, en particulier des femmes, dépendent des petits boulots fournis par leurs riches voisins : gardiennage de résidences secondaires, repassage, heures de ménage. Avec la crainte du coronavirus, ces dernières tâches se font plus rares. Parmi les demandeurs d’aide alimentaire cités par le Secours populaire se trouve même une commerçante, autrefois aisée, aujourd’hui en difficulté. Les bénévoles de l’association eux-mêmes sont des travailleurs qui ont du mal à s’en sortir du fait du chômage partiel.

Pour tous ces habitants de l’île de Ré, celle-ci n’est pas un îlot paradisiaque hors du monde en crise !

David LOUVOIS