Gare de Lyon-Part-Dieu : mobilisation réussie des agents de sécurité

12 Août 2020

À la gare de Lyon-Part-Dieu, la sécurité est assurée par une trentaine d’agents du groupe BSL. Avec des journées de 9, 10, 11 heures voire davantage, ils sont payés au smic, les heures supplémentaires étant rarement payées du fait de l’annualisation du temps de travail.

Les tâches des agents de sécurité sont multiples : surveiller l’ensemble de la gare, assister les agents SNCF dans les contrôles avant embarquement dans les TGV, mais surtout renseigner dans toutes les langues des milliers de voyageurs perdus dans cette gare en chantier, qui cherchent leur train ou leur chemin et qui rencontrent de moins en moins d’agents SNCF tant les effectifs ont fondu.

Depuis quelques mois, la colère montait parmi les agents BSL contre leurs difficiles conditions de travail, le sous-effectif chronique, les payes au plus bas, leur local minuscule dans lequel les uns se changeaient pendant que les autres tentaient de manger. Une pétition signée par l’immense majorité des agents, reprenant leurs différentes revendications, a été portée à la direction. Celle-ci a daigné mettre à leur disposition un local plus grand, mais sans point d’eau ni fenêtre !

Le confinement a renforcé la colère. Les agents de sécurité ont en effet continué à travailler, assurant l’essentiel de la présence humaine dans la gare, sans aucune protection fournie par BSL ou la SNCF. Après plusieurs semaines de discussions, constatant que la pétition ne suffisait pas, une quinzaine d’agents de sécurité se sont mis en grève, le mercredi 5 août, avec le soutien du syndicat CGT, pour réclamer une prime Covid de 1 000 euros.

La grève s’est vue dans la gare, car seuls trois agents sur onze étaient à leur poste et aucun contrôle avant embarquement sur les départs de TGV n’a pu s’effectuer. Accompagnés de cheminots et de militants de l’union locale CGT, les grévistes ont distribué des tracts devant la gare avant de se rendre à l’agence BSL de Lyon pour porter leurs revendications. La direction locale s’est enfermée dans ses bureaux, a refusé de recevoir une délégation et a envoyé au même moment au délégué syndical une convocation pour un entretien préalable au licenciement pour… harcèlement envers sa direction !

Celle-ci a donc choisi d’intimider les grévistes en s’attaquant à un délégué. Mais, entre appréhension et colère, ce qui domine est la fierté de s’être mis pour la première fois en grève et la conviction qu’il faudra à nouveau se mobiliser début septembre, en étant plus nombreux.

Correspondant LO