Usine d’Arc – Arques : la seconde vague… de millions d’euros publics !

05 Août 2020

Le 30 juillet, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé un nouveau plan d’aide à la verrerie d’Arc, dont une usine de plus de 5 000 travailleurs est située à Arques, dans le Pas-de-Calais. Ce sont encore 108 millions d’euros d’argent public qui ont été mis sur la table : 94 millions de l’État, 12 millions de la région Hauts-de-France et 2 millions de la Communauté d’agglomération du Pays de Saint-Omer (Capso).

En mai dernier, le Covid avait servi de prétexte à cette perfusion d’argent public et l’État avait débloqué 31 millions d’euros en quelques jours. Il y a un an, il n’y avait pas de pandémie et les pouvoirs publics avaient versé 30 millions aux actionnaires d’Arc, dont 12 millions d’euros de la région et 2 millions de la Capso. En 2016, les actionnaires avaient touché 26 millions d’euros grâce à la vente de terrains à la région. En 2015, ils avaient bénéficié d’un prêt de 50 millions via la Banque publique d’investissement (BPI). Et cette liste est très incomplète car il ne faudrait pas non plus oublier toutes les autres aides comme le crédit impôt compétitivité emploi (CICE) ou le crédit impôt recherche, l’aide à l’innovation, l’aide à la formation… La liste des prétextes au détournement de l’argent public vers les comptes en banque des patrons d’Arc et des grands patrons en général est quasiment sans fin.

Mais ces centaines de millions d’euros déversés année après année, les travailleuses et les travailleurs d’Arc n’en ont pas vu la couleur. Au contraire, ces dernières années, l’entreprise a supprimé des centaines d’emplois en ne remplaçant pas deux départs à la retraite sur trois, en licenciant pour inaptitude, chaque année, des dizaines d’ouvrières et d’ouvriers usés par l’exploitation. Pour ceux qui restent, la charge de travail ne cesse d’augmenter, avec des cadences de travail toujours plus rapides.

Avec la crise du Covid, des centaines d’intérimaires se sont retrouvés sans contrat du jour au lendemain. Avec le chômage partiel imposé, toute une partie des travailleurs embauchés ont vu le montant sur leur fiche de paie dégringoler de 80, 150, 200 euros par mois depuis avril, et la direction compte bien en profiter le plus longtemps possible.

Pourtant, les actionnaires d’Arc ont largement les moyens de payer les salaires et des embauches massives. L’actionnaire majoritaire, Dick Cashin, est un magnat américain qui a fait sa fortune chez JP Morgan, une des banques les plus puissantes du monde. Il y a aussi parmi les actionnaires des fonds d’investissement russes, chinois et du Moyen-Orient qui pèsent eux-mêmes des dizaines de milliards d’euros… sans oublier l’actionnaire historique, la famille Durand.

Crise économique ou crise sanitaire, ce n’est pas aux ouvriers de payer la vaisselle cassée mais aux capitalistes qui vivent en doubles parasites : sur l’exploitation des travailleurs et avec les aides publiques toujours généreuses.

Correspondant LO