Pologne : le pouvoir contre les droits des femmes

29 Juillet 2020

Le gouvernement polonais, dirigé par une coalition réactionnaire derrière le PiS, parti nationaliste et catholique traditionnaliste, parle de quitter la Convention d’Istanbul de 2011, contre les violences faites aux femmes.

Ce traité du Conseil de l’Europe, organisation de 47 pays, prétend prévenir les violences, y compris conjugales et familiales, protéger les victimes et punir les auteurs. Au-delà de l’efficacité réelle ou supposée de ce traité, le remettre en cause revient à envoyer un signal fort à tous les réactionnaires qui pensent que les femmes doivent rester à « leur » place et subir l’oppression de leurs pères, frères et maris.

Revenu au pouvoir en 2015, le PiS (le parti Droit et Justice) a gagné les élections législatives de l’automne dernier et la présidentielle du 12 juillet, mais de justesse. Ses scores sont en recul, surtout parmi les jeunes, avec une participation électorale en forte hausse. Alors Jarosław Kaczyński, chef du PiS et du Conseil des ministres, voudrait utiliser les trois ans sans élection à venir pour faire passer de nouvelles mesures réactionnaires.

Vendredi 24 juillet, son ministre de la Justice a donc annoncé la sortie prévue de la Convention d’Istanbul, qui impose l’enseignement de l’égalité femmes-hommes à l’école, contre les « droits des parents ». Pour lui, « lire les Saintes Écritures [suffit] pour savoir qu’on ne bat pas une femme ».

Mais des milliers de personnes, des femmes en majorité, ont manifesté le jour même, ne faisant apparemment – et à juste titre – pas confiance à la Bible et aux culs-bénis pour défendre leurs droits ! Pour l’instant le gouvernement et le PiS ont reculé, déclarant dimanche 26 juillet qu’aucune décision n’avait été prise.

Frédéric GESROL