Migrants : la forteresse Europe hermétiquement close

29 Juillet 2020

En 2019, au moins 100 000 personnes ont tenté de rejoindre l’Europe en traversant la Méditerranée et 1 200 morts ont été comptabilisés.

Dans les premiers mois de 2020, le nombre de migrants bravant les dangers d’une traversée maritime a encore explosé, principalement pour échapper à la situation de plus en plus terrible qui leur est réservée en Libye. Pendant ce temps, les États européens ne savent plus quoi inventer pour les rejeter et masquer leurs responsabilités dans cette hécatombe.

Le 22 juillet, les garde-côtes italiens ont immobilisé le navire humanitaire Ocean Viking, qui sortait tout juste d’une quarantaine imposée à la suite du débarquement de migrants en Sicile. SOS Méditerranée dénonce « un harcèlement administratif continu (…) dont le seul but est d’empêcher leurs activités de sauvetage. » Ainsi, alors qu’avec l’été de plus en plus de migrants tentent la traversée, tout est fait pour qu’aucun navire humanitaire ne puisse prendre la mer et sauver des gens.

En Grèce, alors que le confinement s’est achevé le 4 mai, les migrants doivent poursuivre leur quarantaine jusqu’au 2 août au moins, agglutinés par milliers dans des camps insalubres aux conditions d’hygiène déplorables.

En France, depuis le démantèlement du camp des Dunes à Calais, les réfugiés n’ont plus accès à l’eau potable ou à des sanitaires. À Paris, des associations humanitaires ont organisé un camp de mineurs isolés en plein Paris afin d’alerter sur leur situation dramatique, sans aucune ­réaction de l’État qui, depuis 22 jours, laisse pourrir la situation. Et le 29 juillet, la police a dipersé l’immense camp de migrants d’Aubervilliers, près de Paris, sans que rien ne soit prévu pour les héberger.

Sous prétexte de démanteler les réseaux de passeurs, les dirigeants adoptent une politique toujours plus répressive à l’égard des migrants et de ceux qui leur viennent en aide. Mais c’est bien la fermeture des frontières qui alimente les réseaux mafieux et les violences à l’encontre des migrants.

Ouvrir les frontières et accueillir ceux que la politique des grandes puissances réduit à la misère serait le seul moyen d’éviter cette barbarie.

Line Kovic