Gare de Nantes : réactions contre l’intox de la direction

29 Juillet 2020

En gare de Nantes, des cheminots et des travailleurs du nettoyage se sont fait entendre face aux pressions de la hiérarchie et pour défendre leurs conditions sanitaires de travail.

Après le déconfinement, la direction SNCF est revenue en gare avec l’intention de mettre tout le monde au pas. Cette attitude tranchait avec celle du début de la crise du Covid, au cours de laquelle cette direction a révélé son incurie. De fait, si la gare a continué à fonctionner, c’est uniquement grâce à ses travailleurs, qui ont par exemple organisé eux-mêmes les changements dans les tournées des conducteurs de train.

La direction, elle, voudrait profiter de la crise sanitaire pour s’en prendre à ceux qui relèvent la tête, surtout après les deux mois de grève récemment. Pour faire rentrer tout le monde dans le moule sous la contrainte, elle a mis en place des méthodes bien rodées : menaces, convocations chez le directeur. Mais l’effet a finalement été tout autre : un droit d’alerte pour dénoncer ces pressions a été déposé et les langues se sont déliées. Les cheminots se sont réunis pour s’accorder sur la démarche à tenir contre la direction et ont été près d’une vingtaine à exprimer leur mécontentement devant les directeurs, y compris lors de la réunion organisée par la direction elle-même, qui a vite compris qu’elle était tombée sur un os ! Ses attaques ont donné lieu à de nombreuses discussions, resserrant les liens entre les cheminots de la gare, conscients de la nécessité de rester solidaires face à cette direction agressive.

Au même moment, un produit bactéricide contre le Covid, pulvérisé dans l’espace clos des trains et à la main, sans protection particulière, a fini par susciter la méfiance des salariés qui l’utilisent au quotidien et de ceux travaillant à leur côté qui l’inhalent. Pas gênée, la direction faisait utiliser ainsi un produit dont elle connaissait la nocivité.

Les travailleurs du nettoyage et les cheminots de la gare ont alors entamé une démarche commune pour dénoncer la toxicité du produit et un autre droit d’alerte a été déposé. La santé de tous était en jeu, certains se plaignant de maux de gorge et d’irritations de la peau après la diffusion dans l’air du bactéricide en question. Suite à ces réactions, son utilisation a été modifiée. Finalement, il a été remplacé par un autre produit début juillet. C’est bien l’action commune des travailleurs du nettoyage et de la gare qui a permis de faire reculer la direction de la SNCF comme celle d’USP, l’entreprise de nettoyage.

Cette solidarité qui se construit sera un atout pour riposter aux attaques à venir.

Correspondant LO