Dépendance des seniors : paroles, paroles…

29 Juillet 2020

Après l’Assemblée nationale le 15 juin, le Sénat vient de voter deux projets de loi censés jeter les bases de la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale pour l’autonomie des personnes âgées et handicapées.

Le ministre de la Santé Olivier Véran s’est félicité qu’avec cette cinquième branche, on disposerait de moyens supplémentaires pour prendre en charge les anciens. En effet la crise du Covid en a montré l’urgence, avec le drame des 10 000 morts dans les Ehpad, un chiffre officiel vraisemblablement sous-estimé.

Mais des paroles aux actes, il y a loin. Sarkozy avait déjà fait des seniors une « priorité » de son quinquennat, pour finalement ne rien faire, crise économique oblige, l’urgence étant de renflouer les banques après la crise de 2008. Et il annonçait déjà en 2011 une consultation nationale pour créer cette cinquième branche de la Sécurité sociale.

Hollande, quant à lui, en avait fait une de ses promesses électorales, avant de proposer en 2015 une loi sur « l’adaptation de la société au vieillissement ».

Macron et Véran en remettent donc une couche, mais une fois de plus, rien n’est dit sur le financement de cette cinquième branche, et ils ont demandé un rapport pour chiffrer les besoins. Mais de qui se moquent-ils ? Ces besoins on les connaît, ne serait-ce qu’avec le rapport de mars 2019 remis au gouvernement, qui demande 6,2 milliards de crédits supplémentaires par an d’ici 2024 et 9,2 milliards d’ici 2030. Ces milliards existent mais Macron les réserve aux grands patrons du CAC 40 avec son plan de relance. Alors pour les seniors, une fois de plus, ce sera parler pour ne rien dire.

Cédric DUVAL