Contre la sauvagerie du capitalisme, les travailleurs doivent imposer leur droit à l’existence

29 Juillet 2020

Pas de trêve estivale pour les licenciements : chaque semaine apporte son lot de nouvelles suppressions d’emplois. Cette catastrophe sociale annoncée pour des centaines de milliers de travailleurs et leurs familles n’empêche nullement Macron et ses ministres de fanfaronner sur leurs mesures et de prétendre que le gouvernement sauvera demain les emplois qu’il est incapable d’empêcher de disparaître aujourd’hui.

Une semaine après son show télévisé du 14 juillet, Macron s’est à nouveau invité devant les caméras pour vanter le plan de relance de 750 milliards d’euros adopté par l’Union européenne. « Nous nous sommes battus, mais nous l’avons », a-t-il claironné, assurant que les milliards distribués par l’Europe permettraient de financer 40 % du plan de relance national. Deux jours plus tard, c’est son Premier ministre, Castex, qui qualifiait le « plan jeune »  du gouvernement de « jamais vu ». Comme si le fait d’exonérer les patrons de cotisations sociales quand ils embauchent des jeunes, y compris pour des CDD de trois mois, était une mesure révolutionnaire et non un énième cadeau accordé au patronat, qui se déclare satisfait par la voix du Medef.

Verser des milliards d’argent public à la grande bourgeoisie n’a rien d’inédit. Lors de la crise de 2008, ils avaient déjà coulé à flots, et il ne s’agissait pas plus à l’époque qu’aujourd’hui de garantir les emplois des travailleurs, mais bien de sauvegarder les profits capitalistes.
Alors, ce qui est historique, ce ne sont pas les plans de relance pour la jeunesse, l’économie ou l’écologie. Ce qui est historique, c’est l’ampleur de la crise qui frappe les classes populaires et qui menace de faire reculer comme jamais les conditions de travail et de vie de toute la classe ouvrière.

Dans le monde du travail, rares sont les familles épargnées. Des dizaines de milliers de travailleurs précaires, en intérim, en CDD ou autoentrepreneurs ont déjà perdu leurs revenus. S’y ajoutent les plans de suppressions d’emplois annoncés par les grands groupes, avec leurs conséquences en cascade pour les travailleurs des entreprises sous-traitantes, pour les commerces locaux et leurs employés, pour la vie économique et sociale de régions entières.

À ceux qui conservent leur emploi, le patronat annonce aussi la couleur : il faudrait accepter des conditions de travail et des salaires au rabais. Cette semaine, l’équipementier automobile Valeo a dévoilé un plan d’économies de 100 millions d’euros sur le dos des salariés, sans même faire semblant de promettre que les emplois seront préservés. Après s’être débarrassée de 2 000 intérimaires, la direction veut imposer aux travailleurs restants le gel des salaires, la perte de jours de congés, l’allongement du temps de travail pour les cadres et le travail de nuit en production à sa guise.

De l’ingénieur à l’ouvrier, de l’embauché au précaire et dans tous les secteurs d’activité, aucun travailleur n’est à l’abri dans la guerre que les grands capitalistes déclarent pour maintenir leurs profits malgré la crise de leur système. Et ces attaques contre le monde du travail tirent toute la société en arrière.

Après une fusillade à Nice, le ministre de l’Intérieur Darmanin, chassant sur les terres de l’extrême droite, a parlé de « l’ensauvagement » de la société et promis des mesures pour restaurer l’ordre. Ces propos ne changeront rien à la dégradation des conditions de vie dans les quartiers. Les incivilités, les violences et les trafics qui empoisonnent le quotidien des habitants sont un sous-produit du chômage et de la misère grandissante. La sauvagerie existe bien : c’est celle d’un système économique incapable d’assurer un emploi et un salaire dignes à des millions de travailleurs.

Alors, à la logique des capitalistes et du gouvernement à leur service, il faut opposer les objectifs du monde du travail. Pour lutter contre le chômage, il faut répartir le travail entre tous sans perte de salaire. Il faut aussi que l’argent public serve à créer les millions d’emplois qui manquent dans les hôpitaux, les transports, les services d’aide aux anciens ou les écoles, à construire les millions de logements confortables et bon marché qui manquent aujourd’hui, sans qu’un centime n’aille enrichir un grand groupe privé.

Cela nécessitera une lutte collective et déterminée de tous les travailleurs, seul moyen de s’opposer à la course vers l’abîme que nous promettent les capitalistes.

Bulletins d’entreprise du 27 juillet 2020