Renault – Flins : politiciens à la rescousse… de qui ?

22 Juillet 2020

Après la visite des grands patrons de Renault, les travailleurs de l’usine de Flins dont les emplois sont menacés par le plan d’économies de deux milliards d’euros de la direction du groupe ont reçu la visite de politiciens de la région.

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, s’est ainsi déplacée le 16 juillet en compagnie de deux autres élus de droite, répondant à l’invitation de dirigeants syndicaux de l’UNSA et de la CFDT. Dans un tract, la CFDT-Renault Flins se réjouissait « d’avoir la présidente de région et la sénatrice des Yvelines comme alliées et prêtes à soutenir politiquement et financièrement notre usine pour la rendre plus compétitive ».

Attendre un soutien de ceux qui justement décident, ont décidé ou décideront à l’avenir les politiques de soutien aux intérêts patronaux, c’est au bas mot illusoire. Compétitivité fut le maître-mot de la politique de Renault depuis le premier accord de ce nom, signé en 2013, notamment par la CFDT. Plus de 8 000 emplois ont été supprimés chez Renault à la suite de cet accord, et les conditions de travail des salariés restants s’en sont lourdement ressenties.

Cette fois Pécresse, qui fut ministre du Budget de Sarkozy et donc coresponsable il y a dix ans d’une politique qui créait déjà des milliers de chômeurs, est venue promettre « d’essayer de convaincre le gouvernement qu’il ne faut pas désindustrialiser la vallée de la Seine ». Elle a même évoqué l’idée de moderniser la vieille centrale thermique de l’usine, quitte à y investir une partie des 75 millions d’euros que la région aurait en réserve.

De fait, l’arrêt programmé des deux véhicules actuellement produits à l’usine de Flins et l’annonce par Renault de 15 000 suppressions d’emplois, dont 4 600 en France, a provoqué l’inquiétude de tous ceux qui travaillent sur le site et dans toute la région. Mais la solution ne viendra évidemment pas des politiciens tout dévoués au patronat, qui n’envisagent en aucun cas de s’en prendre à ses profits. Obliger Renault à payer pour maintenir tous les emplois, seuls les travailleurs mobilisés pourront le faire.

Correspondant LO