Justice de proximité : des propos en l’air

22 Juillet 2020

Lors de son discours du 14 juillet, le Premier ministre a annoncé la création d’une justice de proximité pour juger les petits délits tels que les petites incivilités, les insultes, les tags, etc. qui gâchent la vie quotidienne des gens.

Bien des comportements incivils, ou tout simplement individualistes, sont assez exaspérants pour créer des tensions entre les habitants. Cependant, ils n’ont rien à voir avec la délinquance brutale, celle qui s’en prend aux personnes et les met en danger. Et si Castex y fait référence, c’est parce qu’il sait que c’est un sujet sensible pour beaucoup, tout en sachant qu’il n’y apportera aucune solution.

L’intention n’est même pas de recréer les tribunaux d’instance qui existaient dans les villes de petite ou moyenne importance et qui traitaient des affaires civiles telles que, par exemple, les litiges entre voisins ou entre propriétaires et locataires, le versement de pensions alimentaires, etc. Là où ces tribunaux ont été regroupés en 2017 avec ceux de grande instance dans les plus grandes villes des département, ils y resteront. Et même si, pour l’instant, le fonctionnement de cette justice de proximité n’est pas définitivement établi, le ministère s’orienterait plutôt vers l’affectation de juges à la répression de ces petits délits, sans pour autant créer de postes supplémentaires.

L’intervention de Castex, comme d’autres déclarations, vise à donner une image de fermeté, qui ne changera rien à la situation actuelle. Il n’est pas le premier à avoir tenu ce genre de propos et fait ce genre de promesse, sans qu’il y ait eu la moindre suite. Mais il est tellement plus facile de cibler les petits délinquants, bien souvent des gamins, que de dégager les moyens susceptibles d’améliorer les conditions de vie des habitants des quartiers populaires.

Marianne LAMIRAL