Transports publics : au patronat de payer

15 Juillet 2020

Valérie Pécresse, présidente de région et présidente d’Île-de-France Mobilités, l’autorité organisant le réseau de transport public en région parisienne, vient d’annoncer qu’elle arrête de financer la RATP et la SNCF.

Cette décision prive ces deux sociétés, dont l’actionnaire unique est l’État, de 380 millions d’euros par mois, les contraignant à prendre sur leur trésorerie.

Du fait de la pandémie et de la diminution du nombre d’usagers, les recettes ont chuté de 1,6 milliard. L’exonération du versement mobilité (ex-versement transport), payé par les entreprises de plus de dix salariés, a aussi représenté une baisse de rentrées d’un milliard d’euros.

Aujourd’hui, alors que la fréquentation n’a pas retrouvé son niveau habituel et que la région est engagée dans des investissements qui l’obligent à s’endetter fortement, le manque à gagner lié à la crise du coronavirus est une catastrophe. C’est le cas d’ailleurs pour tous les transports publics dans les autres villes.

La ministre de la Transition écologique promet un plan de relance du ferroviaire et des transports publics, mais rien n’est encore précisé. Qui recevra ces aides ? Qu’en sera-t-il des collectivités ? Quelles sociétés privées en seront bénéficiaires ? Si les caisses publiques se sont ouvertes sans tarder pour soutenir les plus grandes entreprises, on voit que les transports publics, pourtant très utiles à la population, ne constituent pas une priorité au même titre.

Inès Rabah