Thales – Pont-Audemer : pas touche aux emplois !

15 Juillet 2020
Samedi 11 juillet, quelque 500 personnes ont manifesté à Pont-Audemer, dans l’Eure, contre 150 suppressions d’emplois annoncés par Thales dans son usine de fabrication de cartes à puces.

Des travailleurs du site, ainsi que de Safran, des habitants de la ville, des militants syndicaux de la région ont fait de ce rendez-vous un succès, pour une ville qui compte 8 900 habitants.

Produisant pour l’aérospatiale, le transport et la défense, Thales n’est pas l’artisan du coin de la rue, mais un groupe industriel qui a réalisé près de deux milliards de bénéfices entre 2018 et 2019 et a distribué 330 millions à ses actionnaires en 2019. Ses deux principaux actionnaires sont l’État et Dassault Aviation.

Thales avait racheté Gemalto à Pont-Audemer en mars 2019, pour assurer la production de cartes à puces et de cartes Sim, s’engageant à ne pas supprimer d’emplois pendant dix-huit mois. Dès janvier 2020, la direction annonçait qu’elle voulait faire passer à la trappe près de la moitié des 330 salariés de l’usine, bien avant la crise économique ouverte par le Covid-19.

Le prétexte avancé est la disparition à court terme des cartes Sim dans les téléphones portables. Mais, cartes Sim ou pas, les salariés de l’usine et leurs familles doivent pouvoir continuer à vivre, d’autant que ce qui se profile à l’horizon est la fermeture totale de l’usine.

Alors qu’une vague de licenciements est annoncée sur tout le pays, alors que cette région de Normandie est déjà sinistrée sur le plan de l’emploi, mettre au chômage un travailleur, sous quelque prétexte que ce soit, c’est le condamner au chômage de longue durée, aux petits boulots, à la misère.

En répondant à plusieurs centaines pour dire non à ces licenciements, travailleurs et habitants de la région ont pu mesurer qu’ils pouvaient être une force. Un rendez-vous a été fixé pour une nouvelle manifestation devant le siège du groupe à La Défense.

Correspondant LO